Un pied au paradis

Le monde à l'endroit J’ai découvert Ron Rash il y a quelques mois, grâce à des billets de blogueuses élogieux. J’ai lu d’abord Le monde à l’endroit, l’histoire du fils d’un cultivateur de tabac pas très souple, Travis Shelton, 17 ans, qui travaille quarante-cinq heures par semaine dans une épicerie. Pour se détendre, il part pêcher la truite mouchetée dans les Appalaches. Par hasard, il tombe nez à nez avec des plants de marijuana dont il coupe cinq pieds à l’aide de son canif. Mais lorsqu’il lui prend l’envie de retourner piller les plants, il va apprendre à ses dépens qu’on n’arnaque pas impunément Carlton Toomey, lequel utilise un piège à ours particulièrement efficace pour capturer les maraudeurs…

Un livre sans fioritures ni concessions, âpre mais beau comme peut l’être la nature sauvage. Travis va trouver un certain réconfort auprès d’un prof déchu qui l’accueille lorsqu’il fuit son père trop violent et auprès des livres, mais le chemin qui mène vers son destin est rude…

J’avais vraiment beaucoup aimé ce roman de Ron Rash, dont le titre, Le monde à l’endroit, sonne de façon plutôt ironique quand on vient de terminer cette histoire assez noire….Un pied au paradis

J’ai donc eu envie de découvrir d’autres romans de cet auteur et je viens de finir Un pied au paradis, que j’ai peut-être encore préféré. J’ai retrouvé l’écriture dense, riche et rude, qui donne la parole ici aux habitants d’un comté rural dans les années cinquante sur le point d’être dépossédés de leurs terres, que la compagnie d’électricité rachète peu à peu en vue de construire un grand barrage qui recouvrira toutes les fermes et les champs.

L’histoire commence par un meurtre, celui de Holland Winchester,  raconté par cinq personnages, le shérif (« Un fermier attrape des cals aux mains. Le shérif les attrape au cœur« , vu tout ce dont il est le témoin…), le voisin Billy, sa femme, leur fils puis l’adjoint du shérif, sur cinq périodes différentes. Peu à peu se dessinent les destins tragiques, autour de choix de vie et de filiation, de ces personnages profondément humains, et encore une fois, le titre n’est pas à prendre au pied de la lettre…

C’est le premier roman de Ron Rash, et plusieurs critiques l’ont comparé, à juste titre je trouve, à des grands auteurs américains comme Cormac MacCarthy (dont j’avais lu La route, roman qui m’avait bouleversée) ou Larry Brown (que je ne connais pas encore mais ça ne saurait tarder !).

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6 commentaires pour Un pied au paradis

  1. j’aime beaucoup les romans de Cormac Mac Carthy – souvenir particulier de The Crossing et No Country for Old Men (dont l’adaptation ciné m’avait également bouleversée) – je partage !

  2. Aifelle dit :

    J’ai lu les trois romans de Ron Rash avec un égal plaisir, mais mon préféré est tout de même « un pied au paradis ». C’est sûr que je continuerai à le suivre.

  3. mrs pepys dit :

    Pas encore osé découvrir cet auteur. Mais si tu le conseilles, ça change tout !

  4. sandrion dit :

    n’est-ce pas ?! N’hésite pas, c’est une écriture qui a du souffle.

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