Et devant moi, le monde

Et devant moi le monde J’ai d’abord été attirée par la photo sur la couverture, cette jeune fille au regard à la fois doux, naïf et profond, les pieds nus et au look très années 70, et par la perspective de lire quelque chose sur cet écrivain mystérieux, J.D. Salinger, un des écrivains les plus réticents à toute publicité sur lui.

Joyce Maynard raconte, dans cette autobiographie, son enfance entre un père génial mais alcoolique et une mère sachant réciter à son enfant n’importe quel vers de Shakespeare et cuire des tartes pour poupées dans des capsules de bouteille mais lui faisant part de ses problèmes sexuels. A 18 ans, à la suite de la publication d’un de ses textes dans le New York Times en 1972, elle reçoit une lettre d’un admirateur particulier : J.D. Salinger, dont le roman L’attrape-cœurs a déjà séduit toute une génération.  S’ensuit une correspondance de plus en plus passionnée malgré les 35 ans de différence d’âge, mais très vite, on comprend que cette jeune femme naïve, bien encombrée de ses problèmes d’anorexie et de honte par rapport à l’alcoolisme de son père, subit une emprise de plus en plus grande de la part de Salinger, qui la pousse à abandonner ses études à Yale et à le suivre dans sa maison complètement isolée et coupée du monde.

Sans avoir du tout le même parcours qu’elle, j’ai été très touchée par cette autobiographie. Le style assez factuel qu’elle adopte, sobre (tout est raconté assez simplement, au présent), renforce l’émotion qu’on peut ressentir. L’auteur cherche à retracer avec une franchise qu’on peut juger par moments presque choquante, tout son parcours difficile et tortueux. J’ai été particulièrement sensible au récit de cette année que Joyce Maynard a passé auprès de Salinger, qui apparaît comme quelqu’un d’extrêmement manipulateur et égoïste. Elle a d’ailleurs reçu de très nombreuses critiques à cause de ce témoignage, pourtant jamais haineux ni dramatique mais très honnête.

Un très bon moment de lecture, un parcours de vie touchant et qui fait réfléchir.

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2 commentaires pour Et devant moi, le monde

  1. lorouge dit :

    Je crois qu’il me tente encore plus que « Les filles de l’ouragan », une expérience de vie qui me semble très intéressante…

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