Là-haut tout est calme / le détour

J’ai lu ces deux romans de cet auteur que je ne connaissais pas, Gerbrand Bakker, grâce à Cathulu et ses bons conseils de lecture ! Un très bon article du Monde m’a appris que cet écrivain néerlandais est professeur de patin à glace l’hiver, jardinier au printemps et écrivain le reste du temps ! Cette humilité, cette simplicité, cette attention portée à la nature et au quotidien qui semblent être la marque de cet homme imprègnent également ces deux premiers romans qu’il a écrit.

là haut tout est calmeDans Là-haut tout est calme, Helmer von Wonderen, la cinquantaine bien sonnée, qui travaille depuis 35 ans dans la ferme familiale bien malgré lui, accomplit un matin d’étranges gestes : il installe son père impotent, dont il a la charge, à l’étage, « là-haut », et change toute la déco de la maison. Une lettre de Riet, qui a été la fiancée du frère du jumeau de Helmer, Henk, mort à 20 ans, vient amplifier ce bouleversement… Ce roman, écrit à la première personne et tout au présent, est écrit d’un style sobre, sec, pas dénué d’humour. Bakker saisit remarquablement bien les complexités de ce personnage apparemment bourru et fruste, sait rendre sa solitude et l’évolution de ses pensées.

le détour On retrouve les thèmes de la solitude, du changement, possible ou non, lorsqu’on arrive à la moitié de sa vie, dans Le détour. J’ai profondément aimé ce roman : on plonge avec le personnage d’Agnès, qui a précipitamment quitté sa Hollande avec trois affaires et les poèmes d’Emily Dickinson pour atterrir dans une maison du pays de Galles, qui abrite des moutons et dix oies blanches, près d’un cercle de pierre, en plein mois de novembre. L’auteur parvient, comme dit l’article du Monde, à faire du « silence avec les mots ». Les animaux (moutons, oies, blaireaux) accompagnent le déroulement du roman, mais aussi des hommes : le jeune Bradwen, qui vient s’installer près d’Agnès pour des raisons tout aussi mystérieuses, le vieux éleveur de moutons Rhys Jones, peu aimable et presque menaçant, et le mari d’Agnès, qui la recherche. C’est presque hypnotique, d’un rythme à la fois lent, poétique et sensuel, triste et plein d’humour en même temps. Un vrai coup de cœur.

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4 commentaires pour Là-haut tout est calme / le détour

  1. Fransoaz dit :

    J’ai beaucoup aimé les moments passés en compagnie de Helmer,le solitaire, une vie simple qui se déroule dans le rite quotidien et qui laisse difficilement entrer l’imprévu. Je n’ai pas lu le second mais je ferais bien de le noter.

  2. lorouge dit :

    Le détour est dans ma PAL, j’aime beaucoup ces histoires de départ, de huis clos… La haut tout est calme est sur ma LAL lui, il me tente beaucoup aussi

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