La parabole du failli

parabole du failli Pedro, jeune artiste haïtien, se jette du haut d’un immeuble parisien de douze étages. Deux de ses compagnons, restés à Haïti, ont à faire sans lui, sans la capacité de Pedro à manier la poésie et faire en sorte qu’elle soit accessible à tous, à être proches de tous et de chacun. Tout le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, un hommage à cet artiste mort trop tôt. C’est un hymne à l’amitié, à la tolérance, au pouvoir universel de la poésie.

Dans une écriture magnifique, à la fois concrète, simple mais aussi profonde, Lyonel Trouillot nous amène à côtoyer de nombreuses existences modestes, des destins souvent très durs, celui de l’Estropié, le troisième larron, et son père que tout le village surnommait avec raison Méchant, celui de madame Armand qui semble n’aimer rien ni personne mais qui cache un lourd secret. L’auteur sait faire surgir l’émotion sans en avoir l’air, de façon simple et sobre. Superbe.

« Ici, nous t’aurions rattrapé avant que ton corps touche le sol. Ici, on a appris à amortir les chutes. Et puis, où t’aurais trouvé un immeuble de douze étages! Même les banques et ces saletés de compagnies qui détiennent des monopoles n’en construisent pas de si hauts. Ici, on est déjà par terre et personne ne tombe dans le vide. Nous t’aurions rattrapé. Et puis, toi qui parlais tout le temps, tu aurais pu nous dire. Nous t’aurions suivi. Nous aurions monté la garde autour de toi. Comme ce soir où tu es parti en titubant. Nous savions que ce soir-là nous ne devions pas te laisser seul. Ton père t’avait encore traité de honte de la famille. Mais ce n’est pas la honte que tu portais en toi quand tu courais dans les rues en criant : « Le désespoir est une forme supérieure de la critique. »

J’ai lu une excellente critique sur un de mes blogs favoris qui m’a donné envie de le lire mais… impossible de la retrouver !

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10 commentaires pour La parabole du failli

  1. profplatypus dit :

    J’avais été pour ma part incapable d’écrire quoi que ce soit sur ce roman qui m’a littéralement coupé le souffle. Une histoire et un style sublimes, mon préféré de 2013 – et de loin !

  2. lorouge dit :

    ça semble vraiment très beau. J’avais vu l’auteur quand il était passé dans  » La grande librairie » cela m’avait déjà donné très envie de le lire… Mais je note tellement de titres que, forcément il faut faire un choix… Il sortira peut-être bientôt en poche ?!! Bonne soirée Sandrion

  3. Stephie dit :

    Quelle merveille que la plume de Trouillot !

    • sandrion dit :

      Je suis bien d’accord avec toi ! Mais j’aurais peut-être dû lire un « classique » à la place car je n’ai pas, du coup, honoré le challenge « un classique par mois » ! On peut en lire deux en février, ça revient au même, dis, madame ?

  4. jerome dit :

    Je vais devoir le lire, vous en dites tellement de bien Même si un de ses précédents romans m’était tombé des mains, je veux bien redonner une chance à cet auteur.

  5. Fransoaz dit :

    J’ai déjà lu cet auteur et suis attirée par la littérature haïtienne en général. Je lis en ce moment de la poésie d’une homonyme Evelyne Trouillot, sublime!

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