Loin de Chandigarh

Loin de Chandigarh Ce sera le premier article sous le mot clé « littérature indienne », et je dois dire que je suis complètement sous le charme de ce roman fleuve, dans lequel j’ai vécu en parallèle de ma vie ordinaire durant plusieurs jours.

« L’amour n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est le sexe. » Le ton est donné. Et pourtant le narrateur, dont on ne connaîtra jamais le prénom, après quinze années d’une passion charnelle intense avec sa femme Fizz, se réveille sans le besoin urgent d’explorer le corps de sa compagne. Le roman s’ouvre sur cette incompréhensible et brutale mort du désir. Dans une écriture flamboyante, très étonnante, à la fois crue et poétique, l’auteur explore à la fois les mystères de l’amour et de la passion sexuelle mais aussi toute l’histoire des cinquante dernières années de l’Inde. La narration, faite de subtils retours en arrière entrecroise deux histoires, celle de ce couple et celle d’une femme, Catherine, dont le narrateur retrouvera les carnets intimes dans un coffre enterré dans sa maison. Avec ce personnage très attachant d’écrivain raté, on découvre un peu, de Chandigarh à Delhi jusqu’aux confins des montagnes indiennes, l’âme de ce pays, son histoire, ses rites.

Quant à la façon dont il célèbre les ébats amoureux et le désir féminin, c’est également tout à fait réjouissant ! « Parfois, elle revenait impatiente de repartir à l’assaut d’un autre pic. Parfois, elle revenait affaiblie et je devais la préparer à nouveau. Je tentais de la suivre, de rester à sa hauteur, mais ce n’était pas toujours possible. Il n’y a pas de doute : dans le sexe, les hommes stationnent au camp de base. Ils peuvent jouir des nombreux plaisirs de la moyenne montagne, mais les sommets vertigineux leur sont refusés. Il leur manque le souffle, l’imagination, l’abandon, l’anatomie. Leur tâche consiste à préparer les vrais grimpeurs : les femmes, artistes des hautes cimes.« 

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10 commentaires pour Loin de Chandigarh

  1. aifelle dit :

    Etonnant l’extrait ! Il est sur ma LAL depuis un bon moment, je vais essayer de lui faire passer le stade suivant ..

  2. Très bel extrait qui intrigue! L’écriture de T. Tejpal est assez fascinante, j’avais lu un autre livre de lui, La vallée des masques, au style flamboyant également. A lire peut-être, si vous avez aimé celui-ci 🙂 Merci pour cet article qui m’a rappelé ce très bon auteur 🙂

  3. mrspepys dit :

    C’est un roman que je n’avais guère apprécié, trop bavard, voire prétentieux, à mon goût.

    • sandrion dit :

      Je me suis laissée emporter par le lyrisme et par le style foisonnant, mais je peux tout à fait comprendre pour quelles raisons tu n’as pas aimé 🙂

  4. valmleslivres dit :

    Je l’ai moyennement aimé mais le dernier roman de l’auteur, bien différent, intitulé La vallée des masques fut un coup de coeur.

  5. Louise dit :

    C’est je pense le style que je n’aime pas. Avec la littérature indienne, c’est toujours des romans fleuves!! et lyriques
    je crois que je suis allergique,

    • sandrion dit :

      🙂 Je t’avoue qu’un tous les… disons 5 ans, ça me suffit largement, mais c’est ce que j’aime dans la lecture, se plonger dans des univers radicalement différents.

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