Un territoire

Un territoire C’est un livre dont je suis sortie assez secouée, tant l’histoire est étrange et terrible. Dès la première page, on perçoit le quotidien du personnage principal, dont on ne connaîtra jamais le nom : « Ils ne viennent jamais. Ni l’un, ni l’autre. La cuisine et le cagibi où elle dort composent un domaine privé dans lequel, enflant comme une boule de pâte levée, elle occupe tout l’espace. S’il veut quoi que ce soit, il appelle. Il tape dans ses mains, cogne. » Tout est raconté au présent, dans une langue assez hachée, des phrases courtes, comme factuelles qui suggèrent plus qu’elles ne racontent. Comme on le voit, le « territoire » de cette femme est bien réduit et ceux qui l’y ont condamné sont appelés « le Garçon » et « la Fille ». C’est peu à peu qu’on comprend les liens qui les unissent vraiment et ce qui les a amenés là. L’histoire se construit comme un patchwork, celui que la femme va fabriquer, en retrouvant une nappe blanche qu’elle couvrira au fil du récit de toutes sortes de formes à l’aide de toutes sortes d’objets : fils, mais aussi plumes, mousse, feuilles. Malgré ses deux bourreaux, ce tissage va la conduire à une forme de résilience qui lui permettra de redéfinir son territoire.

Une très belle histoire, magnifiquement écrite. J’ai lu beaucoup d’avis enthousiastes sur le dernier roman de cette auteure, Les fleurs d’hiver mais il n’est pas encore à ma médiathèque !

Cathulu et Clara l’ont aussi beaucoup aimé et Skriban a retranscrit sur son blog une interview très intéressante de l’auteur.

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9 commentaires pour Un territoire

  1. aifelle dit :

    J’ai lu ton billet en diagonale, il m’attend dans ma PAL ; je laisse seulement passer un peu de temps, venant de lire « les fleurs d’hiver ». J’ai besoin de « digérer » un livre avant de passer au suivant de l’auteur (sauf pour les polars).

    • sandrion dit :

      Je comprends ! Avoir lu deux livres d’affilée d’un auteur (MH Lafon) est assez rare pour moi. Autant j’aime lire le plus possible de livres d’un auteur, autant je trouve comme toi qu’il faut digérer entre deux.

  2. Tous les ingrédients sont réunis pour que je courre le chercher!!! (je me suis ennuyée dans mes dernières lectures, alors tant mieux si celle-ci secoue un peu, beaucoup!!)

  3. noukette dit :

    Une auteure que je connais toujours pas !

  4. Gwenaëlle dit :

    un texte dont je garde un souvenir fort!

    • sandrion dit :

      C’est sûr que c’est une lecture qui ne peut pas laisser indifférent ! Il m’a un peu fait penser (même si les deux lectures sont très différentes) au livre « le vase où meurt cette verveine »

  5. sous les galets dit :

    il y a encore peu de temps je ne connaissais pas du tout Angélique Villeneuve, mais depuis quelques semaines, elle fleurit sur beaucoup de blogs. Ses thème m’ont l’air très durs, mais l’enthousiasme paraît général, je m’y pencherai sûrement.

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