Le chardonneret

Le chardonneret Le début du Chardonneret est extraordinaire. Théodore Decker se terre dans une chambre d’hôtel à Amsterdam manifestement poursuivi, fiévreux, misérable et seul. Que s’est-il passé ? Un événement traumatisant que le lecteur apprend tout de suite : la mort de sa mère alors qu’il avait 13 ans, dans un attentat survécu au cœur d’un musée. Le long passage où Théo émerge, sonné, de l’explosion est absolument époustouflant : on se retrouve au plus près de ses sensations mouvantes, de ses réflexions incohérentes. C’est dans ce musée qu’intervient le Chardonneret, titre d’un tableau réellement existant de C. Fabritius, peintre hollandais mort à 32 ans dans l’explosion (encore une !) d’une poudrière à Delft, et dont les œuvres furent pratiquement toutes détruites.

J’ai adoré toute la première partie de ce roman, à New-York, la rencontre étrange de Théo avec Welty et Hobie, amateurs d’art et restaurateurs de meubles anciens, avec Pippa, la jeune fille rousse qui deviendra son amour obsessionnel, avec les Harbour qui prennent soin de lui après la mort de sa mère. J’ai beaucoup aimé la seconde partie, à Las Végas, où l’on suit un Théo à la dérive et son amitié avec Boris, un ukrainien plus que déjanté. Mais – peut-être est-ce parce que j’ai lu par trop petits morceaux et cette écriture foisonnante et ample demande sûrement à être lue à grands pans – j’ai eu plus de mal avec les épisodes se déroulant en Europe.

Donna Tartt m’avait déjà éblouie avec Le petit copain et Le maître des illusions et là encore, malgré ces réserves, je garde un souvenir fort de cette incroyable réflexion magistrale sur l’art, fresque dense de 786 pages épousant plusieurs styles autour de ce personnage presque anti-héros.

Cathulu en dit du bien ; Keisha aussi, et Martine en a longuement parlé.

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11 commentaires pour Le chardonneret

  1. keisha dit :

    Bon, un avis positif! On commençait à en manquer.

  2. noukette dit :

    Un tel pavé, je ne vais pas m’y risquer pour l’instant ! Je pense que si je dois découvrir cette auteure je lirai d’abord Le maître des illusions…

  3. aifelle dit :

    Même commentaire que Noukette !

  4. Jérôme dit :

    Presque 800 pages, c’est vraiment beaucoup trop pour moi !

  5. grigrigredin dit :

    Comme Noukette, Aifelle et Jérôme l’épaisseur de ce roman me décourage. Une lectrice à la médiathèque m’a dit l’avoir apprécié mais avoir parfois été un peu essoufflé par trop de détails. Elle a sauté certains paragraphes…

  6. J’attends l’été pour m’y plonger sans retenue!

  7. sous les galets dit :

    rho la la, je vais quand même passer mon tour Sandrion, tous les lecteurs ont quand même parlé des longueurs, certains ont abandonné ou sauté des passages dans la deuxième moitié…donc non pour moi.
    en revanche, je vais essayer le Maître des illusions…

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