Certaines n’avaient jamais vu la mer

Certaines n'avaient jamais vu la merLa première page reprend le titre : « Certaines descendaient des montagnes et n’avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaient filles de pêcheurs et avaient toujours vécu sur le rivage. » Évidemment j’avais lu pas mal de commentaires sur ce livre, voilà enfin l’occasion de me faire un avis et je dois dire que ce roman est un véritable tour de force : Julie Otsuka donne la parole à un groupe de femmes, ces Japonaises qui ont dû quitter leur pays pour épouser des hommes aux États-Unis qu’elles ne connaissaient pas, au début du XXe.

L’auteur épouse de très près leurs attentes, leurs rêves puis leurs désillusions, en utilisant, au fil de ces chapitres retraçant les dures étapes de leurs vies (« la première nuit », « les Blancs », « Naissances », etc.), le collectif « nous ». Les expériences diverses mais convergentes de toutes ces femmes sont le point de départ à une écriture dense, poétique, rude et belle, proche de l’incantation grâce aux nombreuses anaphores. J’ai découvert ce pan de l’histoire, ces femmes à qui les Américains ont fait miroiter monts et merveilles alors qu’ils avaient simplement besoin d’une aide à la ferme, qui se sont tant bien que mal adaptées, avec leurs enfants, et que le gouvernement américain a parquées dans des centres au moment de la guerre, les soupçonnant de tout.

Quelques autres points de vue sur la question : Keisha, Enna qui l’a lu en livre audio (par Irène Jacob, ce qui doit être très bien !), Martine.

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10 commentaires pour Certaines n’avaient jamais vu la mer

  1. jerome dit :

    J’ai beaucoup, beaucoup aimé moi aussi l’expression de ce « nous » collectif et tellement parlant.

  2. noukette dit :

    Bizarrement, je n’ai jamais rédigé d’avis sur ce roman. Il m’a manqué quelque chose pour réellement l’apprécier…

  3. aifelle dit :

    Je ne l’ai pas encore lu ; j’ai toujours l’intention de le faire.

  4. keisha dit :

    Aifelle ne l’a jamais lu? Ben alors quoi! ^_^
    Il faut la convaincre!

  5. C’est un coup de coeur pour moi, j’ai aimé ce nous et ces répétitions, ces listes. Je trouve son écriture touchante et je n’avais jamais entendu parler de ces évènements . Après j’ai lu quand l’empereur était un dieu, j’ai moins aimé, mais on retrouve le style de l’auteur. C’est à lire aussi.

  6. saxaoul dit :

    J’ai apprécié d’apprendre des choses sur un aspect de l’histoire que je ne connaissais pas mais le « nous » crée une distance qui m’a empêchée de rentrer dans le roman.

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