Guerres

Guerres Autant vous le dire tout de suite, ce sera mon thème de l’année 2014-2015 puisque je vais être amenée dès septembre à travailler avec une partie de mes élèves sur ce thème, ce qui fait que le titre et la couverture, aperçus chez Kathel, m’ont conduite à lire à mon tour ce roman. Un drôle de roman d’ailleurs, puisque l’auteur écrit à la manière d’une reconstitution, dont on ne sait pas si elle est « vraie » ou non mais qui se présente comme telle : un narrateur identifié par « vous » entreprend des recherches sur Robert Ross, canadien qui a vécu l’horreur des tranchées en 1915-1916, à travers des photographies, des témoignages de gens proches de lui, des extraits de journaux intimes, des récits. Le lecteur suit le parcours de ce jeune homme plutôt intraverti, doux et timide amené à commander des hommes dans les tranchées. Rien ne nous est épargné des horreurs de la guerre, mais de façon fine et le titre suggère la multiplicité des situations de guerre dans lesquelles Robert Ross est plongé.

A un moment, un des camarades de Robert sort un livre qui est précisément l’oeuvre philosophique que j’ai à aborder avec mes élèves l’an prochain ! « Alors Levitt, qu’est-ce que tu nous apportes ? – De la guerre, de Clausewitz. Boonycastle, Devlin et Robert le regardèrent d’un air incrédule. – Enfin quoi, dit Levitt en ramassant son sac. Il faut bien que quelqu’un sache un peu ce qui se passe non ? »

Ce passage étonnant :

« Après que les mines eurent sauté et que les canons eurent tiré une première salve, il y eut un bref instant de silence. Durant ce silence, on entendit Rodwell dire à Robert : – Tout à fait comme un menuet. »

Et des passages très intéressants sur la guerre :

« Pour Bates c’était là, dans la guerre, la première raison d’avoir peur : ne pas connaître ceux qui vous disaient que faire, où aller et à quel moment. Ils pouvaient être fous – ou tout simplement idiots. »

« Un jour quelqu’un a demandé à Clive s’il pensait qu’on nous pardonnerait jamais ce que nous avions fait, c’est-à-dire la guerre et son effet sur notre civilisation. Et Clive a répondu quelque chose que je n’ai jamais oublié. Il a dit : ‘Qu’on nous pardonne, j’en doute. Mais j’espère qu’on se souviendra que nous étions des êtres humains’« .

Cet article, publié dans littérature étrangère, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Guerres

  1. kathel2 dit :

    Tu l’as plus apprécié que moi, dirait-on… je lui reconnais des qualités, mais il n’est pas facile tout de même !

  2. aifelle dit :

    Hum .. je ne pense pas qu’il soit pour moi.

  3. jerome dit :

    Je n’ai pas du tout été emballé, impossible de développer la moindre empathie pour le personnage. (http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2014/04/guerres-timothy-findley.html)

  4. Louise dit :

    Les avis sont partagés, on dirait.

  5. sous les galets dit :

    Ton dernier extrait est très beau je trouve, j’avais lu des billets assez mitigés sur ce livre, et j’ai besoin d’autres choses en ce moment je pense….

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s