Comment j’ai appris à lire

Comment j'ai appris à lireJ’aime beaucoup Agnès Desarthe et ses romans jeunesse toujours décalés et drôles. Je me souviens d’avoir beaucoup ri avec Je ne t’aime pas Paulus, par exemple, roman très apprécié aussi par des élèves de 3e que j’ai eus. Et j’avais aussi adoré son roman pour adultes Mangez-moi. Ce titre, Comment j’ai appris à lire, m’intriguait depuis un moment, affichant clairement sur la 4e de couverture sa haine des livres…

Ce livre est une sorte de thérapie, d’enquête sur elle-même à travers le récit de son rapport aux livres, depuis la maternelle jusqu’à son métier de traductrice et d’écrivain. Jusqu’à la terminale L, malgré quelques exceptions, la lecture est pour elle compliquée, angoissante, peu fluide. Et on comprend peu à peu les mécanismes qui l’ont empêchée d’entrer dans la lecture ainsi que le rôle de certains enseignants ou écrivains (le hasard a voulu que ce soit quatre « madame B. » !, dont la dernière, Geneviève Brisac) qui ont trouvé la clé des verrous.

Un parcours atypique, très intéressant qui se termine par de belles réflexions autour du métier de traducteur : « le premier geste du traducteur est donc de se prendre la tête dans les mains, celui d’après de s’arracher les cheveux. Il faut pourtant le faire, trahir en toute conscience, franchir la frontière au risque d’assassiner la si fragile poétique, faire œuvre de contrebande. » Elle montre bien combien le traducteur doit s’absenter de lui-même et lorsqu’il oublie de le faire, « cela encombre et ralentit. Quelque chose est flou. On ne comprend pas ce qu’on lit, comme lorsque deux personnes parlent en même temps et qu’on ne sait quelle conversation suivre. » Je trouve qu’elle exprime là exactement ce qu’on peut ressentir à la lecture d’un livre mal traduit.

Les avis de Mrs Pepys et Keisha et il y en a sûrement plein d’autres !

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7 commentaires pour Comment j’ai appris à lire

  1. noukette dit :

    J’avoue qu’il m’intrigue aussi ce titre…

  2. keisha41 dit :

    D’autres lectrices, oui, et tout aussi enthousiastes!
    Je retiendrai les passages sur la traduction.
    Depuis, j’ai emprunté un recueil de nouvelles de cet auteur.

  3. lorouge dit :

    Dans ma LAL aussi, il me tente beaucoup, comme Noukette il m’intrigue…

  4. lorouge dit :

    Et j’aime beaucoup l’auteur également…

  5. aifelle dit :

    Je ne suis pas sûre d’accrocher à ce thème, j’essaierai peut-être à la bibliothèque.

  6. jerome dit :

    Pareil qu’Aifelle, c’est typiquement le genre de livre que j’emprunterais à la bibli pour voir s’il me convient.

  7. sous les galets dit :

    J’avais été très déçue qu’il soit dégagé de la sélection ELLE l’année dernière, même si je sais qu’il m’aurait énervée (à cause d’un entretien de l’auteur à la radio ou elle disait presque qu’elle avait H4 sans le vouloir, limite par hasard…rhoooo). Mais tout ce que tu dis là aurait de très loin rattrapé ce qui m’aurait un peu exaspérée. Je suis d’accord avec toi, la dernière phrase exprime bien ce que l’on ressent à la lecture d’un roman mal traduit.

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