A moi seul bien des personnages

A moi seul bien des personnagesLa lecture de L’hôtel Newhampshire de John Irving, à 18 ans, avait été un choc : j’avais plongé, le souffle coupé, dans ce gros pavé au style flamboyant, aux personnages attachants et très particuliers, à l’histoire rocambolesque, aux scènes marquantes. Un peu plus tard, j’avais adoré L’œuvre de Dieu, la part du diable, puis Le monde selon Garp. Et puis j’avais été très déçue des romans suivants. Il a fallu l’enthousiasme d’une amie qui m’a prêté A moi seul bien des personnages pour que je renoue avec Irving… pour mon plus grand plaisir, car on retrouve là la verve du romancier que j’avais tant apprécié, même si les trois livres précédemment cités restent encore mes préférés (mais qu’en penserais-je si je les relisais aujourd’hui ?)

Les 600 pages de ce roman racontent l’histoire de William Abott (Billy pour tout le monde) de ses 15 ans dans les années 60 à aujourd’hui. Et comme dans ses autres livres, il est question de sexe, d’écriture, de livres, de grand amour impossible et de lutte, comme l’annonce le narrateur dès la première page : « Certes je raconte à tout le monde que je suis devenu écrivain pour avoir lu un roman de Dickens à quinze ans, âge de toutes les formations, mais à la vérité, j’étais plus jeune encore lorsque j’ai fait la connaissance de Miss Frost et me suis imaginé coucher avec elle. Car cet éveil soudain de ma sexualité a également marqué la naissance tumultueuse de ma vocation littéraire. Nos désirs nous façonnent : il ne m’a pas fallu plus d’une minute de tension libidinale secrète pour désirer à la fois devenir écrivain et coucher avec Miss Frost – pas forcément dans cet ordre d’ailleurs. » Ce jeune Billy découvre peu à peu sa bisexualité, qu’il vit d’abord en cachette dans sa bourgade natale du Vermont, puis au grand jour dans les années 70 à New-York alors que les années 80 le confronteront au sida et aux ravages qu’il fait au sein de ses proche. Autour de Billy gravitent des personnages haut en couleurs : une transsexuelle au grand cœur, un grand-père qui n’aime rien tant que jouer les femmes dans les pièces de Shakespeare, un homme qui a connu l’amour de sa vie en lisant Madame Bovary sur les toilettes d’un bateau et d’autres encore.

 

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3 commentaires pour A moi seul bien des personnages

  1. aifelle dit :

    J’ai suivi à peu près la même voie que toi, mais je ne me sens pas vraiment prête à replonger dans ses romans. Je reste encore accrochée à mes vieux souvenirs, j’ai peur de ne pas retrouver le même auteur.

  2. Mior dit :

    Mmm…certes le tout dernier était très décevant , et sa production est un peu inégale, mais je vous recommande chaudement  » une veuve de papier » , très très bon opus. Le début de ton billet m’a fait rire, car moi aussi je me souviens d’un choc , toute jeune, à la lecture du  » Monde selon Garp » !

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