Réparer les vivants

Réparer les vivantsVoilà. Je viens de fermer ce roman que je voulais lire depuis un bon moment au titre magnifique, tiré d’une phrase de Tchékhov « enterrer les morts, réparer les vivants ».

Un livre qui a suscité de nombreux billets ! Cathulu, Liliba, enthousiaste et qui a rencontré l’auteur dont elle poste de belles photos, Sylire, Kathel et bien d’autres que je n’ai pas eu la patience de rassembler. En revanche, j’ai trouvé aussi sur un blog que je ne connaissais pas encore, Chaplum, un avis négatif où j’ai reconnu pas mal d’aspects qui m’ont gênée dans la lecture de ce roman.

L’idée est géniale et originale : raconter la transplantation d’un cœur en 24 heures, depuis la mort cérébrale d’un jeune homme de 19 ans mort dans un accident de voiture après une session de surf tôt le matin, jusqu’à la transplantation de son cœur resté intact sur une femme dont le cœur fonctionne très mal. J’ai particulièrement apprécié les 20 ou 30 dernières pages qui décrivent de façon extrêmement précise l’opération elle-même, dans tous les détails et en insistant bien sur le caractère incroyable et extraordinaire de ces gestes, la tension qui les accompagne. J’ai aimé aussi l’attention portée à tous les acteurs de cet événement : le jeune homme Simon Limbres, sa petite amie, ses parents, ravagés par la douleur (certains passages sont très réussis car l’auteur parvient à mettre des mots sur tous les sentiments et toutes les sensations multiples qui traversent les parents) mais aussi tout le personnel médical, les chirurgiens, l’interne, l’infirmière.

En revanche, j’ai été gênée par le style de l’auteur, inégal pour moi. Certains moments emportent le morceau parce que l’émotion est là et le texte vibre (j’ai beaucoup aimé le personnage de Thomas qui fait écouter le bruit des vagues à Simon au moment de lui enlever son cœur, conformément à la demande des parents, et qui chante au moment de recoudre le corps) mais les répétitions de certains mots inutilement recherchés et étranges comme « mêmement », le recours un peu systématique aux énumérations nominales, le mélange des registres de langue, le vocabulaire très (trop, du coup) recherché ont dans l’ensemble contribué à me laisser un peu trop à l’extérieur du récit.

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9 commentaires pour Réparer les vivants

  1. grigrigredin dit :

    Je l’ai rangé ce matin à la médiathèque en me disant que j’allais un jour le lire. Je crois que ton avis va me mettre sur mes gardes… Mais je me ferai mon opinion !

  2. J’ai adoré, j’ai été chamboulée…

  3. sous les galets dit :

    Je pense que ce livre n’est pas pour moi, tous les bémols que je lis me le disent, et ton billet me conforte dans cette idée.

  4. Jerome dit :

    J’en parle très bientôt et j’ai les mêmes réticences que toi. C’est un roman « trop écrit » qui manque de naturel je trouve.

  5. noukette dit :

    Comme toi, je suis restée complètement en marge de l’émotion…

  6. profplatypus dit :

    Tiens, le « mêmement » ne m’a pas gêné, ou alors je l’ai déjà oublié… Nos bémols ne sont pas tout à fait les mêmes mais le résultat est identique : je n’ai pas été aussi ému que nombre d’autres blogueurs…

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