Le grand troupeau

Le grand troupeau« La nuit est tant usée d’étoiles qu’on voit la trame du ciel ». « Il partit devant les moutons dans le gros vent d’août qui coulait à plat comme un fleuve. » On retrouve dans Le grand troupeau le Giono que j’aime, le poète de la nature, des choses et des gens simples, de la sensualité, mais aussi une critique féroce de la guerre et quelques scènes terribles comme celle où les corbeaux qui mangent les yeux des morts (« Pour les yeux, ils les sortaient à petits coups de grilles, et ils léchaient le trou des paupières, puis ils mordaient dans l’œil, comme dans un petit œuf, et ils le mâchaient doucement, la bouche de côté en humant le jus. ») Les chapitres portant des titres bibliques nous font partager le quotidien des soldats mais aussi celui des femmes et des vieux restés au village, de Julia, dont la sensualité solaire s’accommode mal de l’absence de son homme, de Madeleine qui ne pense qu’à son Olivier parti à la guerre. J’ai mis un moment à entrer dans cet univers toujours très poétique, cette langue particulière, mais quand on y est, on y est bien, on savoure certaines phrases ou certains passages plus que d’autres et on se laisse porter.

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12 commentaires pour Le grand troupeau

  1. aifelle dit :

    Voilà bien longtemps que je n’ai pas lu Giono, il faudrait que j’y pense.

  2. grigrigredin dit :

    C’est vrai qu’il faut rentrer dans l’écriture de Giono… J’ai « Les âmes fortes » qui m’attend depuis le début de l’été mais j’attends d’être vraiment disposée à le lire.

  3. Louise dit :

    Honnêtement j’ai du mal avec Giono. Je m’ennuie et pourtant j’adore la campagne, la nature, mais ses romans me tombent des mains. Bon il y a longtemps peut-être maintenant j’aimerais.

  4. sous les galets dit :

    rho là, ton extrait dès le matin, je te jure c’est expérimental….
    Tu sais que ça fait du bien un petit Giono en plein rentrée littéraire 😉
    Je crois que j’avais essayé de l’approcher dans ma jeunesse, tu me donne envie d’y retourner.
    Belle journée Sandrion

  5. Mior dit :

    Quel styliste …pour moi un très grand de la langue française…et puis friand des ambiguïtés humaines , ds  » un roi sans divertissement » par exemple ou  » deux cavaliers de l’orage », très fort…
    Ça fait du bien d’entendre parler d’un grand auteur 🙂

    • sandrion dit :

      Merci Mior pour ton commentaire ! « Un roi sans divertissement » est une des lectures les plus complexes que j’ai rencontrées… à cause des ambiguïtés dont tu parles !

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