Apprendre à finir

Apprendre à finirJe découvre cet auteur, aperçu furtivement sur les blogs, et dont une amie m’a aussi parlé avec enthousiasme, avec ce roman Apprendre à finir. Une écriture très originale, très particulière dans laquelle j’ai eu d’abord un peu de mal à entrer, mais qui ensuite séduit, fascine même. Voici les premiers mots du roman : « Il y aura toujours quelqu’un pour repeindre les plinthes. Toujours quelqu’un pour colmater les brèches et enduire les plâtres qui se fendent. Et je n’aurai plus à m’inquiéter de savoir quelles mains sauront tenir avec dans la poigne ce qu’il faut de force et dans l’œil de précision, la lourdeur du sécateur pour que les troènes ne débordent pas, pour que les thuyas ne s’étouffent pas. Il y aura quelqu’un, je me disais, il y aura quelqu’un parce que je savais qu’un jour il irait mieux. Parce qu’on m’avait dit : demain. Demain il rentrera. » Beaucoup de choses sont implicites et c’est peu à peu que le lecteur replace les pièces du puzzle, comprend ce qui est arrivé à cette femme dont la voix, tour à tour fragile, violente, amère, douce, douloureuse et terriblement authentique résonne et raconte par petites touches une vie de couple qui s’est peu à peu effritée : la jalousie, les cris, les coups. Puis : l’accident. L’homme, diminué, rentre à la maison. En relisant ce début de roman, je comprends mieux : « colmater les brèches » et « les plâtres qui se fendent » : est-ce possible ? Peut-on apprendre à finir ? Une écriture sombre et désespérante mais traversée aussi par la douceur et la poésie.

Mirontaine a aimé également ! Des critiques très intéressantes ici.

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7 commentaires pour Apprendre à finir

  1. Asphodèle dit :

    C’est l’auteur que je veux découvrir en 2015 (ou avant) j’ai acheté deux livres de lui : « Des hommes » et « Loin d’eux » ! J’ai hâte ! Celui-ci a l’air bien aussi !!! 😉

  2. aifelle dit :

    On le voit davantage sur les blogs ces temps-ci ; il faudra que je le découvre tôt ou tard.

  3. sous les galets dit :

    Je crois qu’il avait reçu le prix du livre Inter ce roman, car je l’ai lu à sa sortie pour cette raison je crois. Et c’est là que je m’aperçois que j’étais trop jeune pour tout bien saisir, il y a une gravité qui ne m’avait pas touchée comme ce serait le cas aujourd’hui.
    Très beau billet Sandrion 😉

  4. noukette dit :

    Il faut vraiment que je découvre cet auteur !!

  5. lorouge dit :

    Noté également depuis le billet du Ptit carré jaune, je rajoute ton lien à côté du sien… C’est une écriture masculine que j’adore… Un style inimitable, au plus près de l’intime… J’avais adoré son « Dans la foule », je te le conseille très fortement si tu ne l’as pas lu (existe en poche il me semble).

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