instant poésie # 11

Poésie du jeudiJe vous ai déjà parlé de la revue Recours au poème : mon amie Marilyne avait traduit pour cette revue des textes de Barry Wallenstein. Aujourd’hui, pour le rendez-vous poétique d’Asphodèle bimensuel du jeudi, je suis heureuse de vous présenter le recueil de ses poèmes à elle intitulé Labyrinthe des nuits.

 

Labyrinthe des nuitsLe recueil s’ouvre sur un poème de l’aube et on est comme plongé dans l’eau fraîche du jour qui commence. Difficile de reproduire le poème tant il joue avec l’espace, entre les vers, entre les mots, formant comme un dessin fluide sur la page. Toute la poésie est là, jeu avec l’espace, les sons et les images : « le chant d’un oiseau / si bleu / si plein / qu’à l’entendre on pense aux forêts cachées sous les jardins enclos derrière les maisons / si plein / si clair / qu’il libère d’antiques frondes agitées de souffles d’outre- monde / Nageur inconscient / j’aborde aux grèves du silence« .

Les poèmes se succèdent, entrecoupés d’images de nuages dont les nuances de gris varient, et l’aube laisse place peu à peu à la nuit. En filigrane, un destinataire, Leyla, pour laquelle se tisse les mots amoureux.

Des textes d’une grande beauté dont les images très travaillées et musicales font éclore dans l’imaginaire des tableaux. En voici quelques extraits :

« L’arbre mauve dessine l’ultime broderie

pour la main qui tordait les soies

l’inlassable noueuse tissant les merveilles

du jardin perdu. »

 

« La lumière fait la roue et palpe le silence

la pierre lape la lumière

Des roses éclosent aux claveaux

les corbeaux s’habillent d’or

de tremblants poissons se prennent aux orles des chapiteaux

et de l’acanthe une rosée coule à flot dans les patères

et s’égoutte vers les plinthes »

 

« Au sortir de la gare Saint-Roch

dans le silence se dressait un cheval bleu

comme un glacier

Agitant sa crinière

Il te suivait sur les arches du pont

et ses paroles avaient l’éclat des eaux où s’abreuve la lune.

                    *

Au loin entre sifflets et voix d’enfants l’éclat

de la fête foraine tourne

avec l’astre nocturne de la grand-roue

tandis qu’oscille comme son ombre

sur le croissant de lune du cyprès

un noir pierrot au regard d’or.

                    *

Et les rêves des morts dans le petit matin

– fêlure dans le cristal du jour – s’en vont

par deux par trois à travers champs

un souffle se prend au piège irisé de la toile. »

                    *

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19 commentaires pour instant poésie # 11

  1. Asphodèle dit :

    Ho que c’est beau ! Elle a du talent ton amie ! Je suis sous le charme, il y a une vraie musicalité et une foison de belles images ! Merci pour cette découverte ! 😉 Je vais prendre le lien de son blog et aller y mettre mon nez plus longuement la semaine prochaine !!!
    Oui je suis revenue, je rame pour rattraper mon retard mais je suis là ! 😉 Bisous ma swapée, j’ai vu tes comms qui m’ont fait très plaisir, mais je dois en avoir une centaine (tous billets confondus) auxquels je n’ai pas encore répondus 😥 Bouh !
    Je te maile ce week-end !!! 😉

    • sandrion dit :

      Moi aussi j’ai été éblouie… elle écrit des poèmes depuis très longtemps, on était collègues à Lille il y a… euh… 16 ans ! et elle écrivait déjà.

  2. modrone dit :

    Tout comme Asphodèle, notamment « La lumière fait la roue… » Superbe teinte de ces poèmes, du mauve, du noir, du bleu,de l’or. Félicitations à l’auteure.

  3. merci, Sandrine, de parler de mon « bébé », qu’il me faut – maintenant qu’il est publié – accompagner dans ses premiers pas vers ses lecteurs futurs – merci aussi à Asphodèle pour son commentaire . N’hésitez pas à partager, et visiter mon blog ❤

    • sandrion dit :

      C’est un grand plaisir pour moi, tu le sais… je souhaite longue vie à ton recueil, qu’il puisse toucher plein de lecteurs et lectrices !

  4. Aifelle1 dit :

    C’est un très beau texte, je vais aller voir le blog de ton amie dès que j’aurai cinq minutes 🙂

  5. sous les galets dit :

    Tu sais que je n’arrive pas à partager votre sensibilité pour la poésie, je n’arrive pas à rentrer dedans, mais j’ai le sentiment à force de vous lire et de tenter de comprendre, d’être de plus en plus réceptive. Et j’aime ce que tu dis sur les nuances de gris, j’aime le titre de ce recueil aussi. Je m’améliore petit à petit.

  6. Quelles belles images, très fortes, pleines d’ombre et de lumière; j’aime beaucoup.

  7. Valentyne dit :

    la lumière de ces lignes qui se dégage est fantastique…
    Gare Saint Roch ? Montpellier ?
    Joli le cheval bleu à la crinière glacier 😉
    Bon dimanche

  8. merci Sandrine, de diffuser un peu de poésie dans ton joli blog de lectrice – merci pour les commentaires qui me touchent d’autant plus qu’il s’agit d’un premier recueil. Valentyne, il s’agit de la gare Saint-Roch, à Nice – en partie – toute transformée par le rêve que je tente de retranscrire.

  9. sandrion dit :

    C’est beau cet échange autour de chevaux bleus… on se croirait chez Chagall 🙂

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