Faillir être flingué

Faillir être fliguéVoilà, j’arrive au bout de ce roman, dans lequel j’ai eu un peu de mal à entrer, devant lequel durant plusieurs pages je suis restée perplexe, le souffle coupé devant la beauté de certaines scènes, mais aussi parfois désarçonnée, ou ne parvenant pas à entrer dans certains passages. Pourtant, en refermant le livre, j’ai eu le sentiment d’avoir lu un grand bouquin, avec une écriture vraiment singulière, et j’ai même (ce qui n’arrive pas souvent) relu le début, ce qui m’a permis de me rendre compte à quel point c’était bien construit et que j’avais loupé pas mal de choses au départ.

Ce roman, c’est un véritable western, la grande histoire des cow-boys et des indiens sur la vaste plaine américaine, et des personnages qui ont « failli être flingués » (ce qui est quand même la tension même des westerns, isn’t it ?), il y en a pas mal : Gifford quasiment ressuscité par une indienne chamane, Eau-qui-court-sur-la-plaine, qui a elle-même échappé au massacre de son peuple, Josh sauvé de justesse après avoir pris une flèche dans la gorge, Bird Boisvert et Zebulon (surnommé Zeb) qui se bagarrent sévère pour une histoire de cheval volé, Brad qui manque être tué par un ours et Silas le barbier par le bandit du coin. Tous ces personnages attachants (et de nombreux autres, ce qui fait que le lecteur est un peu perdu au départ) convergent vers une ville naissante et la transforment. On rencontre la propriétaire du saloon, Sally, grande gueule maniant bien le fusil, et ses « petites pêches » qui accueillent les cow boys imbibés à l’étage, une violoncelliste sauvage, ou un adepte des bains qui ouvre un lieu nommé « luxe rudimentaire » et fait découvrir les joies de la propreté (et de la philosophie par la même occasion…) aux bourrus à la gâchette facile plus habitués au whisky sec qu’au savon. L’auteur alterne des scènes triviales ou drôle à d’autres très poétiques et lyriques, parodiant à certains moments les clichés du western, inventant à d’autres des épisodes complètement novateurs, dans une grande maîtrise et une grande liberté.

« Il s’était arrêté sur une pierre plate et s’y était couché un instant. L’air y était meilleur que celui d’une chambre. Il était reparti, étanché, dispos, comme après avoir bu d’une eau claire. […] Il était revenu de nuit, éclairé par une petite lune, épuisé et enchanté au-delà de la raison. Il s’était couché sans rien prendre, et endormi comme une masse sur son lit de camp. Au réveil, il comprit en ouvrant les yeux qu’il avait parcouru la veille tout le champ de sa terre promise. »

L’auteur de So long Luise ne m’a pas déçue ! Jérôme a lui aussi beaucoup aimé, Keisha la grande voyageuse aussi.

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17 commentaires pour Faillir être flingué

  1. keisha41 dit :

    So long Luise m’a permis de découvrir cet auteur, et j’ai continué! Quel talent!

  2. profplatypus dit :

    Je l’ai lu aussi la semaine dernière et contrairement à toi, la perplexité ne m’a pas lâché. Je me suis même ennuyé à mourir… J’ai relu pas mal de critiques et billets de blogs dans la foulée, mais je ne comprends définitivement pas. J’ai horreur d’avoir l’impression de passer à côté de quelque chose à ce point !

    • sandrion dit :

      Mince alors ! Je crois que c’est un roman dans lequel on entre… ou pas. J’ai failli, non pas être flingué, mais ne pas y entrer, j’étais partagée entre agacement et perplexité et puis une ou deux scènes m’ont scotchée et je me suis laissée prendre.

  3. Jerome dit :

    C’est spécial, notamment en terme de narration et je comprends que lui puisse y rester totalement insensible. Mais ce ne fut pas mon cas, j’ai adoré ce western et le culot de Céline Minard !

  4. noukette dit :

    Très envie de découvrir cette plume qui sort des sentiers battus !

  5. sous les galets dit :

    Je crois qu’Athalie l’avait beaucoup aimé aussi, je le crains ce livre, je ne suis vraiment pas western, ni vaste plaine, j’ai peur de rester en dehors quand même…surtout si le début est un peu diesel

    • sandrion dit :

      Moi non plus je ne suis pas très western a priori (mais j’avais adoré le film Truegrit, tu l’as vu ?) ; je serais curieuse d’avoir ton avis sur ce bouquin quand même !

      • sous les galets dit :

        Non pas vu du tout le film, mais ce bouquin, je pense que je le lirai. Je reviendrai t’en parler. Bises et bon week-end.

  6. choupynettederestin dit :

    je l’a débuté à un mauvais moment je pense, je ne suis pas entrée dedans alors que le style me plaisait. Je me le garde au chaud dans la liseuse pour ubn moment plus propice!

  7. Brize dit :

    J’avais vaguement essayé (emprunt en bibli), mais comme je n’entrais pas dedans, je n’ai pas forcé. A te lire, je me dis que ça vaudrait peut-être le coup de forcer un peu, quand même.

  8. templeuve dit :

    J’aime pourtant les plumes qui savent me surprendre, Mais je n’ai pas réussi à aller au delà de la vingtième page. C’est apparemment dommage, alors peut être cet été…

  9. lorouge dit :

    Il me tentait pas mal mais j’ai eu l’occasion de le feuilleter dans ma librairie et j’ai pas du tout accroché, alors je ne pense pas que je me laisserais tenter… Dans le même genre j’en ai retenu un autre ; « Sous la terre » qui a l’air pas mal du tout. Tu connais ?

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