Le nageur

Le nageurRia est une poétesse de 43 ans, qui vit seule après une rupture amoureuse dans sa maison d’enfance, Eel House, dans le Suffolk en Angleterre. Cet été-là, une série de meurtres d’animaux a lieu dans la région, semant la panique chez les habitants et faisant resurgir des sentiments plus ou moins xénophobes. Une nuit, elle découvre un homme nageant dans le bras de rivière au bout de son jardin. Ben, 24 ans, a fui la guerre civile au Sri Lanka pour demander asile en Angleterre. A lieu une une rencontre improbable entre ces deux êtres absolument différents mais liés par un sentiment de solitude profond, fulgurante, intense, qui ne plaît évidemment pas à ceux que la présence d’étrangers dérange…

Je ne voudrais pas en dire trop pour ne pas déflorer l’intrigue mais c’est un gros coup de cœur. Les personnages sont tout en finesse et extrêmement attachants : Ria qui s’est enfermée dans une carapace depuis la mort de son père, Eric, l’ami de la famille, dont la sagesse, l’humour et l’humanité portent Ria, le jeune Ben qui a subi toutes les épreuves du déchirement et de l’exil, Anula, la mère de Ben au caractère ombrageux. Dans une écriture très subtile, Roma Tearne, auteure anglaise d’origine sri lankaise aborde la question de la force du désir, du chagrin et de la perte, de l’exil et de la difficulté de communication entre les cultures, de l’importance de la création et de la poésie.

Merci à Kathel dont le billet enthousiaste m’avait vraiment donné envie de découvrir ce roman ; comme elle j’ai eu les larmes aux yeux à la fin du roman… de l’émotion pure, sans mièvrerie ni pathos inutile.

« Tout le long de ce lent après-midi doux-amer, Eric m’a tenue contre lui au fond de la fosse où j’avais sombré. Et quelque part entre le commencement et la fin, j’ai enfin compris qu’il valait beaucoup mieux voyager parmi les étoiles filantes, ne serait-ce qu’un tout petit instant, que de ne jamais en voir. »

« Plus jamais je ne pourrais mettre un doigt sur une carte et dire : « c’est chez moi ». Les frontières demeureraient à jamais incertaines. »

« L’apparition du nageur, la veille, avait la consistance de ces rêves. Je me souviens d’une mosaïque vue autrefois au Musée archéologique de Naples. Elle aussi représentait un nageur. Les bras fins, légèrement levés, les hanches sveltes, la tête inclinée, il se penchait pour récupérer ses vêtements.« 

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8 commentaires pour Le nageur

  1. Aifelle dit :

    Je l’avait noté, merci pour la piqûre de rappel 🙂

  2. kathel2 dit :

    Je suis ravie que tu l’aies aimé, et de me souvenir, grâce à ton billet, de tous ces beaux personnages.

  3. jerome dit :

    Après Kathel, tu confirmes à quel point ce titre me fait envie !

  4. sandrion dit :

    On a trop peu parlé de ce beau livre ; il vaut vraiment la peine !

  5. sous les galets dit :

    C’est vrai que le billet de Kathel était très tentant, donc tu enfonces le clou c’est ça…je le note évidemment.

  6. lewerentz dit :

    je l’avais aussi repéré grâce à Kathel et il est maintenant dans ma liste. Tu confirmes 🙂

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