instant poésie #15

Poésie du jeudiRendez-vous poétique chez Asphodèle le jeudi tous les 15 jours !

On approche du mois de novembre et de la fête des morts ; j’ai eu envie de partager avec vous ce poème de François Villon qui nous rappelle avec émotion et humanité notre humble condition de mortels… (illustré par l’édition de 1489)

ballade des pendusBallade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

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16 commentaires pour instant poésie #15

  1. Asphodèle dit :

    Rho dis donc ça me fait drôle de relire cette ballade apprise au lycée ! Il me semblait même qu’elle était plus longue mais ce doit être dû au fait qu’à l’époque je l’étudiais, là je la lis…;) Pas si difficile finalement ce vieux « françois » ! Je viens juste de t’ajouter, je ne t’ai pas vue avant ! 😥 C’est surtout le matin que la ruche bourdonne ! 😀 Bises Sandrion !

  2. Louise dit :

    Lyrique et médiévale j’ai du mal, mais Villon lui même a été condamné à la pendaison 2 fois (à cette époque là ils ne savaient pas quoi faire pour écourter la vie qui déjà n’était pas bien longue..)et d’ailleurs c’est à cause de ça qu’il a écrit cette ballade. Je l’avais étudié aussi.

  3. Louise dit :

    C’est tous les 15 jours la poésie? Je croyais que c’était une fois par mois et qu’il fallait envoyer les liens la veille (ce que je suis incapable de faire et qui m’empêche de participer, dans ce cas j’ai pas mal de recueils de poésie, alors ça change tout 🙂 ))

    • sandrion dit :

      Chez Aspho c’est deux fois par mois et oui normalement faut envoyer le lien la veille ! Mais je fais sonner mon portable en rappel, sinon j’oublie 🙂

      • Louise dit :

        Donc tu prévois ton billet à l’avance et tu le fais paraître un jour avant ou tu envoies le lien avant de publier. Je ne sais pas si c’est possible et je ne sais pas si je suis claire?

      • sandrion dit :

        Justement j’ai un pb avec mon blog c’est que même quand je clique sur « planifier », il ne veut pas le publier au moment demandé… résultat, je l’écris à l’avance en le mettant sur « brouillon » mais du coup, il faut que je pense à le publier et à l’envoyer à Asphodèle soit la veille tard soit le matin. Du coup aujourd’hui j’étais un peu en retard !!

  4. aifelle dit :

    Il fait partie des poèmes que j’ai appris en primaire ! les premières strophes sont bien gravées dans ma tête, mais pas la suite. Je ne pense pas qu’on l’apprenait en entier.

  5. soene dit :

    Sandrion c’est pas gai ce morceau de Villon 🙄
    Ca me parle un peu, l’aurais-je apprise aussi cette poésie, du temps de ma jeunesse ? 😉
    Bon we et bises de Lyon

  6. monesille dit :

    Ah ouiche, ce n’est pas gai, mais parlant ! il me semblait aussi qu’elle était plus longue mais sans doute le sujet à l’époque…

  7. Cet auteur me rappelle mes années de fac ^^ Pas très joyeux tout ça . *Marie*

  8. C’est une poésie qui me touche toujours autant par son réalisme qui peint l’horreur de la mort, par son humanité, la nostalgie de ces vers.

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