La terre qui penche

La terre qui pencheJ’avais hâte de me plonger à nouveau dans l’univers fantasque et riche de Carole Martinez, dont j’avais tant aimé Le cœur cousu et Du domaine des Murmures, lus avant le début de ce blog.

« Tout s’émousse avec le temps et, pourtant, je m’attendris encore, après six siècles d’errance, en écoutant ta voix claire. Tes petites peines sont de telles déchirures et tes larmes ne coulent pas, elles jaillissent, ardentes et pures, elles sont de feu plutôt que d’eau.

On oublie si vite nos rêves et nos désirs d’enfant, on les dilue pour les rendre acceptables, innocents et jolis. On ne se souvient que d’un monde doux et tranquille, alors que la pureté même de l’enfance est tout entière dans cette violence que tu dis sans détours.

L’enfance est un dévorant qui avalerait le monde, si le monde était assez petit pour se laisser saisir. »

Voilà ce que dit « la vieille âme », une des deux voix du livre, le fantôme de Blanche, qui est morte à 12 ans, cette « petite fille » qui prend la parole à son tour et raconte son enfance, dans le monde troublé de ce XIVe siècle où il ne fait pas vraiment bon être fille. Mais Blanche, rousse de 11 ans qui cause en dormant et rêve de savoir lire et écrire est bien décidée à ne pas se laisser faire par son père tout-puissant qui l’arrache tout de même à son domaine pour l’emmener au château des Murmures dans le projet de la marier au jeune Aymon. Au domaine des Murmures, elle découvre son fiancé, Aymon au visage d’ange et à l’esprit dérangé, sa mère Aélis, qui fut la maîtresse du père de Blanche, un magnifique cheval de guerre baptisé Bouc et qui veille sur elle, des fillettes fantômes, et surtout la Loue, cette rivière mi-femme mi-rivière, la « Dame verte » qui révèlera à la fillette bien des secrets sur sa naissance…

Quelle langue magnifique, riche, puissante, évocatrice et originale ! J’ai tout aimé dans ce roman, la thématique, la narration, l’imaginaire, la poésie. J’ai été ensuite écouter Carole Martinez présenter son roman à la librairie Mollat :

L’avis d’une fan : Asphodèle ! Il faut aller voir son billet car elle y insère des photos de la fameuse rivière, la Loue, aujourd’hui : un lieu aussi merveilleux qu’on l’imagine dans le roman !

Publicités
Cet article, publié dans littérature française, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

14 commentaires pour La terre qui penche

  1. Louise dit :

    Beau billet écrit avec le coeur et qui touche le mien. Je me souviens de l’enthousiasme d’Aspho, et à ton tour tu en rajoute une belle couche. Ne commencerai par le coeur cousu. J’ai un peu peur du côté surnaturel, mais puisque l’écriture est belle j’espère bien être autant emportée que vous. Je vais attendre d’être dans « de bonnes dispositions de lectures »
    Bonne semaine.

  2. Asphodèle dit :

    Ho ma swapounette comme je suis contente que tu aies aimé ! C’est indicible ce que l’on ressent à cette lecture, elle a des mots qui font du bien même quand ça va mal !!! Je n’ai pas pu venir ce matin car panne EDF jusqu’à 11h puis bureau de vote, puis…le reste qui occupe bien ! Je me mettrai à jour demain, il est tard mais je voulais lire ton billet, merci pour le lien ! 🙂 J’ai hâte de lire le prochain…
    Message personnel à Louise : vas-y fonce, tu vas être émerveillée par son style ! Et son talent de conteuse qui fait qu’on ne lâche pas le livre une fois commencé ! 😀 Tu peux me croire !!! Bisous !

  3. Jerome dit :

    Je vais la découvrir avec « Le cœur cousu » !

  4. sous les galets dit :

    vous nous convainquez en choeur les filles….comment puis-je depuis si longtemps ne pas avoir lu Martinez…

  5. saxaoul dit :

    J’ai beaucoup aimé aussi !

  6. Je l’ai emprunté, j’ai ouvert quarante pages et je l’ai rendu. Je pense que ce n’était pas le moment mais j’ai trouvé aussi le discours confus. Il est possible que cette œuvre mette un temps certain à s’installer. Je retenterai peut-être la lecture.

  7. J’ai adoré ce roman, le premier pour moi de Carole Martinez (et sans doute pas le dernier) et comme toi, j’ai tout aimé !

    • sandrion dit :

      Merci pour ton passage ici !! J’avais découvert Carole Martinez avec « le coeur cousu » qui avait été un gros coup de coeur pour moi.

      • Je le lirai sans doute aussi un jour car j’ai tellement aimé la Terre qui penche que je ne compte pas m’arrêter là. Au plaisir d’échanger sur nos lectures (ou voyages) 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s