La petite lumière et Fable d’amour

Premières lectures de l’année, deux romans d’un même auteur dont j’avais entendu du bien.

La petite lumièreLa petite lumière, premier roman traduit en français de cet auteur italien, débute comme ça : « Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. » Il ne se passe pas grand-chose dans la vie de cet homme solitaire, si ce n’est le mystère de la « petite lumière » qui s’allume, de l’autre côté de la vallée… Un jour, il prend son antique voiture, suit des routes cabossées se terminant en chemins presque impraticables et découvre une maison habitée par un enfant seul, avec lequel il tisse un lien tout à fait inédit.

On avance dans ce roman en terrain glissant, étrange, on ne sait pas trop ce qu’on lit : un conte noir et fantastique ? une fable philosophique sur l’état de notre monde ? un long poème lyrique ? C’est ce qui est précisément fascinant et qui nécessiterait une seconde lecture de ce mystérieux livre, plus attentive encore aux détails et à ce style très particulier.

Fable d'amourCe style, mêlant les genres et les tonalités, on le retrouve dans Fable d’amour, une histoire d’amour la plus improbable possible, entre un clochard (et pour exprimer son quotidien, il n’hésite pas à employer une langue réaliste et extrêmement crue) et une « fille merveilleuse ». Leur histoire est volontairement présentée comme un conte de fées, qui se casse brutalement la figure sur une rupture tout aussi incompréhensible que le début de leur amour. Alors le fantastique s’en mêle, la présence de la mort (omniprésente également dans La petite lumière) transforme l’histoire de manière inattendue. La fin est splendide…

Là encore cette « fable », annoncée clairement comme telle par le titre, est, comme le précise l’auteur dans la postface destinée à l’édition française, « l’histoire d’une de ces rencontres qu’on croirait impossibles et qui, pourtant, peuvent avoir lieu dans les territoires libres, préfiguratifs et absolus de la fable, mais aussi quelquefois dans la vie. […] En ce sens, et pour peu qu’elle se libère de ses intentions édifiantes comme de ses morales consolatoires, défensives et normalisatrices, la fable peut être révolutionnaire. Car elle continue à nous rappeler – en ces temps d’expansion strictement horizontale et de fermeture de l’horizon des possibles – que l’impossible et l’inattendu peuvent encore faire irruption dans le possible et dans la vie. Car elle nous dit que la réalité n’est pas le simple reflet en miroir du monde, mais la traversée de ce miroir, qu’elle ouvre grand, et qui nous permet de passer de l’autre côté. »

J’ai retapé ce long passage, que je trouve très beau et qui a mis des mots sur ce que j’ai ressenti à la lecture de ces deux beaux romans qui m’ont semblé un hymne à la littérature, à la poésie, à la liberté.

Aifelle. a beaucoup aimé La petite lumière. Sur Fable d’amour, les avis positifs d’Aifelle, Jérôme et Mirontaine.

Publicités
Cet article, publié dans littérature étrangère, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

20 commentaires pour La petite lumière et Fable d’amour

  1. aifelle dit :

    C’est une trilogie et j’attends le troisième avec impatience 🙂

  2. Asphodèle dit :

    La petite lumière m’attend alors j’ai lu ton billet en diagonale pour ne pas trop en savoir mais je retiens que tu as aimé toi aussi ! 😉

  3. keisha41 dit :

    Ha je passe à côté, ma bibli n’a rien, pourtant, Verdier;..

  4. Pr. Platypus dit :

    La Petite lumière m’attend, je l’ai reçu à Noël après avoir entendu cet automne Anne Alvaro en lire des extraits en présence de l’auteur (une très belle rencontre organisée par une collègue). J’avais été charmé…

  5. noukette dit :

    Je suis en plein dans La petite lumière, c’est particulier mais je suis séduite !

  6. Hélène dit :

    J’ai lu récemment aussi « la petite lumière » (billet à venir), j’ai beaucoup aimé aussi.

  7. Louise dit :

    Je suis plus que sceptique car j’ai lu le passage, mais je trouve cette écriture hermétique, et si compliquée, alambiquée qu’elle perd tout sens pour moi. Si je dois relire 3 fois une phrase pour saisir, j’ai pas de plaisir. Je dois être trop terre à terre, ou pas assez « littéraire » 🙂

  8. sous les galets dit :

    Tu sais qu’il me fait peur Moresco mine de rien, vous l’aimez toutes tellement que j’ai peur de rester en dehors, de ne pas y être assez sensible, sans doute le côté ‘fable » ou « conte » qui m’arrête un peu. Peut-être est-il trop poétique au finale, et je sais que j’ai beaucoup de mal à entrer dans la poésie.

    • sandrion dit :

      Bon après, pour moi c’est un texte fort, étrange, original, qui m’a destabilisée (et de temps en temps ça fait du bien !), je ne peux pas dire que ça a été un « coup de coeur ». Après oui, il faut plonger dans cet univers étrange en abandonnant toute maîtrise !

  9. templeuve dit :

    Merci ! Je viens de finir La petite lumière. Que c’est bon de se sentir transporter dans cet univers à la fois un peu étrange mais malgré tout tellement familier…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s