L’idée ridicule de ne jamais te revoir

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoirJ’aime beaucoup Rosa Montero, son univers original et ses histoires passionnantes, aux réflexions souvent profonde sur le monde tel qu’il est : La fille du cannibale, Le roi transparent et surtout Instructions pour sauver le monde. Et une amie m’a prêté L’idée ridicule de ne jamais te revoir, qui me faisait de l’œil depuis quelques temps, surtout après avoir lu les avis d’Aifelle ou Keisha.

Biographie, autobiographie, récit, essai ? Ce livre étonnant est un mélange de tout cela et un mélange réussi que j’ai truffé de petits marque-pages au cours de ma lecture. Rosa Montero, un peu engluée dans l’écriture d’un roman, est contactée en 2011 par son éditrice pour rédiger la préface du journal de Marie Curie après la mort de son mari Pierre, un texte court et brûlant sur la douleur du deuil. Il se trouve qu’elle-même, deux ans plus tôt, a perdu son mari Pablo après de longues années de vie commune.

Marie CurieLa préface se transforme en un livre finalement très personnel mais très pudique en même temps où l’on en apprend beaucoup sur l’incroyable destin de Marie Curie, cette femme à la volonté de fer qui a découvert le radium, a obtenu deux prix Nobel (physique et chimie) et est morte à 67 ans des conséquences de la radioactivité. Mais on apprend aussi bien d’autres choses sur l’inégalité flagrante que subissaient les femmes ou l’inconscience des gens sur les dangers du radium (on tricotait même de la laine radioactive pour les bébés !!) par exemple. Et surtout, c’est une magnifique réflexion sur la mort qui à mon avis (je ne me trouve pas dans ce cas) peut aider réellement quiconque traverse l’épreuve de perdre une personne proche.

Marie et Pierre CurieC’est un livre un peu foutraque mais magnifique, inégal mais avec des passages très profonds, émouvant et plein d’humour, humain, intelligent. Seul bémol : j’aurais aimé le lire en espagnol (ce dont je suis absolument incapable) car de temps en temps on « sent » la traduction. (ci-joint des photos de Pierre et Marie Curie, j’aime le second dans leur laboratoire, et le regard que porte Pierre sur Marie).

« L’art est une blessure qui devient lumière, disait Georges Braque. Nous avons besoin de cette lumière, pas seulement nous qui écrivons ou peignons ou composons de la musique, mais également nous qui lisons et contemplons des tableaux et écoutons un concert. Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. »

« Notre mémoire est en réalité une invention, un conte que nous réécrivons un peu tous les jours (ce dont je me souviens aujourd’hui de mon enfance n’est pas ce dont je me souvenais il y a vingt ans). Ce qui veut dire que notre identité, elle aussi, est fictionnelle, étant donné qu’elle se fonde sur la mémoire. Et sans cette imagination qui complète et reconstruit notre passé, et qui donne une apparence de sens au chaos de la vie, l’existence pourrait nous rendre fous et serait insupportable, pur bruit et fureur. C’est pour ça que, quand quelqu’un décède, il faut écrire la fin. La fin de la vie de celui qui meurt, mais aussi la fin de notre vie commune. »

« C’est pour ça, je crois, que je ne peux rien dire de plus sur Pablo : sa place est au centre du silence. »

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13 commentaires pour L’idée ridicule de ne jamais te revoir

  1. noukette dit :

    Rien que le titre est magnifique…

  2. keisha41 dit :

    Je ne me souviens pas d’avoir senti la traduction, c’est Myriam Chirousse comme d’habitude; d’ailleurs dans la série de Rosa Montero avec la ‘rep’, il y a des clins d’oeil à sa traductrice;..
    Si tu n’as pas lu La folle du logis, fonce!

  3. Louise dit :

    Le titre déjà est très tentant. Puis tu en rajoutes une couche avec ton enthousiasme. En plus depuis que j’ai lu un superbe livre sur Marie Curie, j’aime tout ce qui la concerne. Je ne me souviens plus du livre en question (j’étais au collège 🙂 ) mais la personnalité de cette femme m’avait vachement marquée. Au point d’étudier la physique chimie. Tenter. Puis on m’a dit d’aller me faire voir ailleurs. Purée ces Curie, tous des prix Nobel.

  4. aifelle dit :

    J’ai beaucoup aimé toute la partie concernant Marie Curie, moins celle où l’auteure parle-t’elle, mais je garde globalement un très bon souvenir de cette lecture. Il faudrait que je continue avec l’auteure.

  5. sous les galets dit :

    Je l’ai offert à ma mère pour son anniversaire, et je vais bientôt lui emprunter 😉 J’aime l’idée que de tels personnages soient encore des symboles pour notre génération, je note ton billet enthousiaste, tu ne fais que conforter mon envie de le lire.

  6. L'or rouge dit :

    Tu en as de belles lectures en ce moment :0) Celui ci est sur ma PAL et je me réjouis de le lire, j’attends juste le bon moment (du calme et de la tranquilité ;0) De cette auteure j’ai lu « Des larmes sous la pluie » que j’ai vraiment adoré et que je te conseille à 100%. Totalement dépaysant et étrange mais vraiment magnifique (un superbe personnage non humain mais terriblement humain justement ;0) Il vient de sortir en poche justement. Je rajoute ton billet avec les autres (tentations 2015). Bises

  7. L'or rouge dit :

    Oui je sais, La folle du logis est sur ma liste à lire aussi ;0) Et Keisha vient de me donner envie de lire la suite des Larmes sous la pluie avec la rep. J’hésitais parce qu’en général je n’aime pas les suites et j’ai toujours peur d’être déçue :0) Mais là, c’est TELLEMENT tentant ;0)

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