Inyenzi ou les cafards

Inyenzi ou les cafardsJ’ai pris ce roman tout à fait par hasard à ma médiathèque, intriguée par le titre et cet improbable nom de famille, et j’ai été évidemment happée par ce récit autobiographique très fort et très sobre en même temps sur le massacre des Tutsi au Rwanda. L’auteur raconte son enfance dans les années 60 et montre bien les tensions déjà présentes entre Tutsi et Hutu : « Les premiers pogromes contre les Tutsi éclatèrent à la Toussaint 1959. L’engrenage du génocide s’était mis en marche. Il ne s’arrêterait plus. Jusqu’à la solution finale, il ne s’arrêterait plus. »

Elle raconte leur déportation depuis leur village jusque dans celui de Nyamata dans un environnement désertique et hostile, les soldats qui les traitent de « Inyenzi » (cafards), terrorisent les enfants sur le chemin de l’école, brûlent des maisons, mais aussi la solidarité entre eux, les fêtes et les petits bonheurs de l’enfance dans cette famille unie.

Elle et son frère André réussissent les examens scolaires pourtant très difficiles et réservés à 10% seulement aux Tutsi, et sont en quelque sorte désignés par la famille pour fuir le pays et être les survivants. C’est au Burundi que l’auteur rencontrera son mari, français, rejoindra la France où naîtront ses deux fils. C’est en France aussi qu’elle apprendra que 27 personnes de sa famille ont été massacrées… « C’est comme si nous n’avions jamais existé. Et cependant ma famille a vécu là. Dans l’humiliation, la peur de chaque jour, dans l’attente de ce qui allait survenir et que nous ne savions pas nommer : le génocide. Et je suis la seule à en détenir la mémoire. C’est pour cela que j’écris ces lignes. »

Un texte choc qui m’a fait prendre conscience de ce terrible épisode de l’Histoire.

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13 commentaires pour Inyenzi ou les cafards

  1. lorouge dit :

    Ouh là, encore un texte très dur et je ne suis pas sûre d’avoir les épaules assez solide en ce moment pour le lire, besoin d’un peu plus de légèreté je crois. Même si, comme Les échoués, c’est un texte indispensable…

  2. grigrigredin dit :

    Ca m’intéresse… Sur le même sujet, bouleversants, tu peux lire « Une saison de machettes » et « La stratégie des antilopes » de Jean Hatzfeld, très intéressants pour en apprendre plus sur ces terribles événements. Même si je pense que tu auras besoin d’une pause après cette lecture…
    On trouve des pépites dans les médiathèques ! 😊

    • sandrion dit :

      je note les titres mais comme tu dis, je vais faire une pause entre deux !

      • grigrigredin dit :

        Avec de tels ouvrages il est indispensable de s’offrir un peu de répit… J’ai découvert Mukasonga sur ton blog hier et l’ai de nouveau vu cité sur un autre blog ce matin ! La médiathèque de ma commune possède « Notre-Dame du Nil », je crois que je vais aller l’emprunter…

  3. A_girl_from_earth dit :

    J’ai eu une révélation avec Notre-Dame du Nil du même auteur qui m’a bien donné envie d’explorer davantage son univers. Ce livre que tu as lu est dans mes projets de lecture.

  4. Hélène dit :

    Une auteure que j’aime beaucoup !

  5. aifelle dit :

    J’ai lu « la femme aux pieds nus » d’elle, qui m’avait bien secouée aussi. C’est un hommage à sa mère. Je lirai celui-ci.

  6. Pr. Platypus dit :

    J’ai adoré Notre-Dame du Nil, pour lequel elle a eu le Renaudot. Et son nouveau roman, Coeur tambour, est très beau également (et même un peu plus léger, même si le spectre du génocide plane toujours…).

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