Vue cavalière

Vue cavalièreGrâce à Keisha, une fois encore, j’ai découvert une pépite !

Joe Allston, septuagénaire vivant avec son épouse Ruth dans la campagne californienne, porte un regard caustique et dépourvu de tout angélisme sur tout ce qui l’entoure : son environnement géographique et culturelle, son parcours professionnel, son couple. Le hasard l’amène à exhumer trois carnets, les journaux intimes qu’il a tenus, 20 plus tôt, en 1954, lors d’un voyage au Danemark. Ruth, toujours dans le souci de partage conjugal et d’intimité (alors que Joe est plutôt du type bourru : « nous n’étions pas mariés depuis douze heures qu’elle m’arrachait la promesse de ne jamais m’endormir sur une dispute. Attendu que ma nature me porte plutôt à laisser passer une bonne nuit pour n’y plus penser le lendemain, jamais nos systèmes n’ont été vraiment en phase« ), le pousse à lui lire ce journal qui relate leur rencontre avec une fantasque comtesse, Astrid, et le retour aux sources pour Joe dont la mère, originaire du Danemark, avait fui son pays pour les États-unis, à 16 ans.

Le roman alterne donc entre les passages du journal et ses conséquences sur le couple. C’est très bien écrit et l’auteur propose une réflexion juste, humaine, sans illusion mais non sans humour sur la vieillesse, le bilan de vie et le regard qu’on peut porter sur lui. La 4e de couverture dit : « un homme qui croit avoir à peu près réussi sa vie rouvre le journal intime qu’il tenait vingt ans plus tôt et s’aperçoit qu’il n’est pas loin d’avoir tout raté. » Évidemment ce n’est faux (« Vieillir, c’est un peu comme se tenir dans une longue queue qui progresse lentement. A danser d’un pied sur l’autre, on sombre dans une espèce de torpeur dont on ne se réveille que lorsque la file vous permet d’avancer d’un pas supplémentaire en direction du guichet. ») mais je trouve le roman beaucoup plus subtil et nuancé et j’ai adoré l’humour, l’autodérision assez britannique (alors que l’auteur est originaire de l’Ouest américain) qui anime tout le roman, lui donne un charme incomparable et fait que la lecture est enthousiasmante et revigorante. Ce livre m’a fait penser, en vrac, aux films des frères Coen ou à des auteurs britanniques comme Jonathan Coe ou David Lodge. Une très bonne lecture ! Je lirai probablement la vie obstinée qui met en scène les mêmes personnages quelques années auparavant. Le titre de celui-ci, Vue cavalière, n’est d’ailleurs pas très engageant, je lui préfère le titre original, plus parlant, The spectator bird.

Je pars ce soir pour quelques jours de vacances… blog en pause donc ! Bises à tous !

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5 commentaires pour Vue cavalière

  1. Syl. dit :

    Cette lecture va bien à Keisha. Les espaces, la nature…
    Je ne dis pas non pour ce titre.
    Bonnes vacances Sandrion !!! Pour nous, c’est demain la reprise.
    Bise

  2. Aifelle dit :

    Je note donc l’auteur, peut-être vaut-il mieux commencer par « la vie obstinée » .. Bonne pause et bonnes vacances.

  3. Hélène dit :

    J’ai  » la grosse montagne en sucre » dans ma pal, je vais commencer par là, même si Keisha m’a aussi beaucoup tentée !

  4. keisha41 dit :

    Ouiiiiiiiiiiiiiiiii ! Les filles, vous commencez par celui que vous voulez!
    Ce titre ci , je l’ai lu depuis tellement longtemps, donc je dois le relire!

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