La curée

La curéePour voyager, rien de tel que la liseuse qui ne prend pas de place ! Comme on peut y télécharger gratuitement tous les classiques possibles, j’ai lu ces derniers jours La Curée de Zola. Quel bonheur cette langue ample, poétique, précise ! La curée, les morceaux du gibier qu’on donne aux chiens à la fin de la chasse ; dans ce roman il s’agit de la ruée de tous les spéculateurs et autres individus prêts à tout pour s’enrichir, dans cette période particulière du Second Empire, entre 1850 et 1870.

Aristide Rougon, qui s’est lui-même rebaptisé Saccard, est un de ces hommes arrivé à Paris avec des idées plein la tête. Sagement lancé par son frère Eugène, il arrive bientôt à manipuler tout le monde, organiser des affaires véreuses, revendre à prix d’or des immeubles achetés pour une bouchée de pain. Même l’organisation de son mariage est l’occasion pour lui de s’enrichir ; il épouse Renée, enceinte d’un autre, contre une certaine somme d’argent. Lui-même est veuf, et à peine Renée (21 ans) épousée, il ramène à Paris son jeune fils d’un premier mariage, Maxime, qui a à peine 15 ans. Dans cet « appartement de tapage, d’affaires et de plaisirs, où la vie moderne, avec son bruit d’or sonnant, de toilettes froissées, s’engouffrait comme un coup de vent« , Renée fait l’éducation de Maxime en matière de toilettes, de manières mondaines, de goûts de luxe et de sensualité ; peu à peu leur amitié tapageuse se transforme en amour incestueux.

Ce roman est à la fois une sorte de réécriture de la tragédie de Racine, Phèdre (il y est fait allusion de manière explicite d’ailleurs) et une peinture sans concession et extrêmement féroce de ce règne tout-puissant de l’argent : « L’hôtel […]semblait être le temple grave et digne de l’argent ; et rien ne frappait le public d’une émotion plus religieuse, que le sanctuaire, que la Caisse, où conduisait un corridor d’une nudité sacrée, et où l’on apercevait le coffre-fort, le dieu, accroupi, scellé au mur, trapu et dormant, avec ses trois serrures, ses flancs épais, son air de brute divine. » ou plus loin : « Les appétits lâchés se contentaient enfin, dans l’impudence du triomphe, au bruit des quartiers écroulés et des fortunes bâties en six mois. La ville n’était plus qu’une grande débauche de millions et de femmes. »

Challenge classiques 2016

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6 commentaires pour La curée

  1. keisha41 dit :

    Oui, l’avantage de la liseuse!!!!

  2. Jerome dit :

    C’est le texte sur lequel j’ai planché à l’oral du bac, j’en garde un bon souvenir (j’avais eu 16 il faut dire 😉 )

  3. Pr. Platypus dit :

    Je déteste Zola mais la Curée est un de seuls volets des Rougon-Macquart qui trouve un peu grâce à mes yeux, justement parce que ces histoires de petites magouilles sur fond de luxe m’intéressent plus que quand il s’acharne sur des misérables sur lesquels il rajoute des couches et des couches de malheur… Bien sûr, le drame est partout là aussi, et c’est un roman féroce comme tu le dis, mais ça a quand même le mérite de changer un peu !

  4. Marion dit :

    Un roman que j’aime beaucoup 🙂

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