Un nouveau nom

Le nouveau nomAprès la découverte enthousiasmante de L’amie prodigieuse, j’avais hâte de lire la suite et Le nouveau nom m’a à nouveau emballée. Je n’arrive pas encore bien à cerner ce qui fait la réussite de ce roman, en tout cas je constate la fascination qu’il a exercé sur moi : en 3 jours, 525 pages englouties !

On retrouve les deux amies, Lila et Elena, dans les années 60 à Naples, la première mariée à Stefano, qu’elle méprise mais qui lui permet de vivre dans le luxe, la seconde poursuivant ses études au lycée, toutes deux liées par ce passé commun dans le quartier, une amitié puissante mais ambiguë car toujours traversée par une violente rivalité.

Cette foisonnante saga propose une réflexion sur la société italienne de cette époque où les filles n’avaient pas tellement d’alternative : ou devenir l’épouse soumise et subir les coups des maris et l’esclavage d’un travail abrutissant, ou travailler avec acharnement pour sortir de cet univers grâce aux études. C’est la voie que choisit Elena, c’est par elle aussi que le récit est raconté. Et c’est ce que j’ai surtout aimé, la manière dont la narratrice montre avec lucidité et autodérision tous ses efforts pour bien parler, faire croire aux autres qu’elle a réussi à sortir de ce déterminisme social, sauf que… « J’y étais parvenue ? Presque. Je m’étais arrachée à Naples et au quartier ? Presque. J’avais des nouveaux amis garçons et filles qui venaient de familles cultivées, souvent  bien plus que Mme Galiani et ses enfants ? Presque. […] Derrière ce presque, j’eus l’impression de comprendre comment se passaient vraiment les choses. J’avais peur. J’avais peur comme au premier jour de mon arrivée à Pise. Je craignais ceux qui savent être cultivés sans ce presque, avec désinvolture. »

Lila, comme Elena finalement mais par d’autres biais, recherche aussi à s’échapper de ce mariage qui la dégoûte, y réussit un moment en vivant une passion amoureuse ou en se concentrant sur l’éveil de son fils. Par rapport aux intellectuels qui gravitent autour d’Elena et se gargarisent souvent de mots, elle porte un regard lucide et désenchanté sur le monde : « Ceux qui sont en bas veulent aller en haut, ceux qui sont en haut veulent y rester et, d’une manière ou d’une autre, on finit toujours par en arriver aux coups de pieds dans le derrière et aux crachats. »

Les personnages, même secondaires, sont extrêmement attachants, tant les hommes que les femmes, l’intrigue est riche et mêle subtilement histoire individuelle et histoire collective et la narratrice rapporte les faits le plus souvent de manière brute ou avec ironie. Difficile, vraiment, de parler de cette lecture très forte. Dire qu’il va falloir attendre janvier 2017 pour le 3e tome et janvier 2015 pour le dernier !!

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7 commentaires pour Un nouveau nom

  1. noukette dit :

    Le tome 1 m’attend !

  2. Pr. Platypus dit :

    Bon, alors comme ça ne me tente que moyennement, je vais plutôt attendre que les quatre tomes soient disponibles 😀 Ca me laisse le temps de me décider !

  3. Jerome dit :

    Beaucoup d’enthousiasme pour cette auteure, ça m’interpelle de plus en plus…

  4. worldcinecat dit :

    Je ne savais pas qu’il y avait quatre tomes ! j’adore son écriture dans le premier

  5. Edyta dit :

    Je lirai ce 2ème tome en polonais pendant les vacances 🙂

  6. kathel2 dit :

    J’attends de trouver le deuxième en bibli, je suis impatiente de continuer… (mais j’essaye de faire baisser ma PAL !)

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