La ville des morts

La ville des mortsTroisième livre lu dans le cadre du jury « prix du meilleur polar des lecteurs de Points », celui que j’ai largement préféré sur les trois !

Claire DeWitt est une détective privée au caractère bien particulier, plus proche des marginaux en tout genre que des enquêteurs propres sur eux. C’est ce qui me l’a rendue d’emblée tout à fait sympathique 🙂 En 2007, elle est amenée à lever le mystère sur la disparition de Vic Willings lors des inondations qui ont suivi le passage de l’ouragan Katrina et pour cela à revenir dans sa ville natale, La Nouvelle-Orléans. C’est une ville sinistrée qui accueille Claire : « des gens qui s’entretuent, il y en a partout. La différence, c’est qu’à la Nouvelle-Orléans, personne n’essayait de les en empêcher. Les flics accusaient le ministère public, et le ministère public accusait les flics. Les écoles accusaient les parents, et les parents accusaient les écoles. Les Blancs accusaient les Noirs et les Noirs accusaient les Blancs. Et pendant ce temps-là tout le monde continuait à s’entretuer. » Ambiance assez sombre, donc, dans cette « ville des morts », l’enquête a bien du mal à démarrer et les témoins ont la gâchette facile… Mais Claire DeWitt n’hésite pas à partager un joint avec les clochards ou les petites frappes pour en savoir plus et ne se laisse impressionner par pas grand-chose.

Peu à peu, au fur et à mesure des progrès de l’enquête, la narratrice révèle son passé, le trio de choc qu’elle formait dans sa jeunesse avec deux autres jeunes filles et le traumatisme suite à la disparition de l’une d’elles, son apprentissage auprès de Constance, une femme étonnante qui l’a formée au tirage du Yi-King, à l’interprétation des rêves ou à la lecture d’un livre un peu ésotérique sur les détectives et dont la mort l’a laissée orpheline.

L’histoire est sombre mais le récit non dénué d’humour et de fantaisie et j’ai été vraiment conquise par cette héroïne assez déjantée, l’intrusion des rêves, visions ou messages mystérieux, mais aussi par ces individus à la vie déjà bien abîmée dont elle croise la route, et la description de la vie dans cette ville fantôme où les armes font davantage la loi que la police.

« – On ne peut pas changer la vie de quelqu’un, m’a-t-elle dit, on ne peut pas effacer le karma d’autrui. […] Tout ce qu’on peut faire, c’est lui laisser des indices. En espérant qu’il comprenne et décide de les suivre. »

« Ce n’était pas un bon jour pour les happy ends. »

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Un commentaire pour La ville des morts

  1. Syl. dit :

    J’aime bien tes deux derniers polars. J’enregistre…

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