Toutes les vagues de l’océan

Toutes les vagues de l'océanJe sors un peu K.O. de la lecture de ce gros pavé (600 pages tout rond), magistralement construit, aux personnages complexes et aux rebondissements multiples.

Le roman débute à Barcelone, en 2002 : Gonzalo, un avocat qui cherche à faire honnêtement son travail et freine des quatre fers à la proposition de son requin de beau-père de fusionner avec lui, apprend le suicide de sa sœur Laura avec laquelle il était en rupture depuis des années. Elle est également soupçonnée d’avoir assassiné un mafieux russe, Zinoviev, pour venger la mort de son fils. Cet événement va faire vaciller l’existence de Gonzalo, dont l’équilibre était déjà très précaire : son couple battait de l’aile, ses relations avec son fils aîné étaient plus que distantes, et lui qui rêvait d’être le « loup maigre » de la fable, affamé mais libre, était sur le point de se soumettre entièrement à son beau-père riche et cynique.

En effet Laura enquêtait sur la « Matriochka », nom qu’elle a donné à la mafia russe à la tête d’un trafic de pornographie enfantine entre autres, et Gonzalo ne pourra pas faire autrement que reprendre cette affaire qui le conduit sur le passé extrêmement tortueux de leur père, Elias Gil, communiste idéaliste parti dans les années 30 dans la Russie de Staline et qui y a vécu à la fois une grande passion et l’enfer…

Tout le roman est construit sur un aller-retour entre la progression de l’enquête en 2002 et l’histoire d’Elias, depuis son arrivée à Moscou, sa déportation en Sibérie, son retour en Espagne, la fuite du pays à l’arrivée de Franco et jusqu’à sa disparition en 1967. C’est extrêmement intéressant car tout le contexte historique est véridique et j’ai découvert cet épisode terrible de l’histoire de l’URSS en 1933 lorsque Staline a envoyé des milliers d’individus en Sibérie. L’auteur raconte à travers le personnage d’Elias le trajet dans les trains jusqu’à Tomsk, l’arrivée en masse de ces gens affamés, la déportation jusqu’à l’île de Nazino, lieu désolé où se sont retrouvés 6000 personnes, sans rien à manger, à la merci des bandits et où les cas de cannibalisme ont été avérés (voir cet article du Monde). De cet enfer, Elias ne reviendra évidemment pas indemne, il y a perdu non seulement un œil mais aussi pas mal d’illusions sur la bonté humaine.

« La première goutte qui tombe est celle qui commence à briser la pierre. La première goutte qui tombe est celle qui commence à être l’océan. »

Ma deuxième participation au challenge de Brizé « pavé de l’été », et au challenge « thrillers et polars » de Sharon.

logo pavés

logopolarssharon1

Publicités
Cet article, publié dans littérature étrangère, romans policiers, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Toutes les vagues de l’océan

  1. celina dit :

    Il a vraiment l’air superbe ce roman…Merci pour cette chronique !

  2. Jerome dit :

    Un pavé qui semble très puissant !

  3. mrspepys dit :

    C’est un sujet que j’ai découvert en lisant l’ouvrage de l’historien Nicolas Werth, intitulé « L’île aux cannibales ». Je note ce titre, qui ferait un sympathique complément.

    • sandrion dit :

      Justement en regardant sur internet ensuite j’ai découvert l’article du Monde sur ce documentaire. C’est vraiment incroyable et terrible ce qui s’est passé sur cette île…

  4. Asphodèle dit :

    Bouh ! Je ne sais pas si je pourrais le lire, il a l’air dur, pas pour l’instant en tous cas ! 😉

  5. Sandrine dit :

    Bonjour,
    j’ai beaucoup aimé les deux précédents romans de Victor del Arbol. Aussi je me suis précipitée pour acheter ce troisième opus… il y a un an et demi, et je ne l’ai toujours pas lu… à te lire, je vois bien pourtant que celui-là aussi a tout pour me plaire.

  6. Brize dit :

    Un pavé que je découvre avec ton billet, Sandrion !

  7. Je l’ai lu aussi mais pas encore commenté. En effet, il est puissant ce roman et de tous les pavés que j’ai lus, je crois que c’est celui qui m’a le plus impressionnée. Un auteur que je découvre et qui me semble très intéressant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s