Ceux qui restent

ceux-qui-restentCette auteur québécoise évoque, dès la première page, le suicide d’un homme de 29 ans, Sylvain Côté : « qu’il y consente ou non, qu’il le veuille ou non, ces personnes ont eu à porter le poids de cette décision – pourtant archi-personnelle – toute leur existence. »

Suite à ce court et abrupt prologue, l’auteur laisse la parole à « ceux qui restent », sa femme, son fils (5 ans au moment de son suicide) sa maîtresse, ses parents. J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman composé de courts chapitres centrés chacun sur un des personnages puis je me suis laissée emporter par le rythme, la saveur des expressions québécoises et la personnalité très attachante (en particulier Charlène, la maîtresse de Sylvain, dont la vitalité et la force sont revigorantes !) des personnages qu’on suit durant plusieurs années. A travers leur destin, l’auteur pose subtilement des questions autour de la paternité, de la culpabilité, de la liberté de chacun, de la puissance de la vie. Un très beau roman.

« Les suicidés, y nous refilent le problème. Y nous le laissent. Y nous disent : « regarde : moi, je sacre mon camp. V’là mes hosties de problèmes, arrange-toi avec ! »

« Je vis avec son geste. Je vis avec ce qu’il signifie à mes yeux. Pas aux siens. »

« Je vais vivre, quel que soit le poids de mon cœur privé de toi. »

« Quand on ne peut pas échapper à ce qui nous arrive, il faut poser les armes et attendre que notre cœur émerge. Se refasse. »

Ceux qui restent, c’est aussi le titre d’un film d’Anne le Ny que j’avais beaucoup aimé, avec Emmanuelle Devos et Vincent Lindon.

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11 commentaires pour Ceux qui restent

  1. worldcinecat dit :

    J’avais adoré lire la trilogie Gabrielle de Laberge, tu connais ?

  2. aifelle dit :

    J’ai assisté à une rencontre avec Marie Laberge autour de ce roman et j’ai énormément aimé ce qu’elle en disait. Je ne l’ai pas acheté, je sortais tout juste d’une autre lecture sur le suicide, mais je le lirai un jour.

  3. templeuve dit :

    Je pioche souvent des idées ici. j’ai passé une partie de mon été avec Myriam Chirousse et je vais maintenant découvrir Marie Laberge.

  4. templeuve dit :

    Oui, beaucoup, on plonge dans les deux livres de Myriam Chirousse pour n’en ressortir qu’à regret. J’attends déjà le troisième.

  5. templeuve dit :

    Je referme le livre à l’instant, et la musique des mots me manque déjà ! Heureusement qu’il me reste Le goût du bonheur.

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