Etre ici est une splendeur

1-modesohn-beckerL’an dernier j’ai eu la chance de voir la belle exposition de Paula Modersohn-Becker, peintre de talent morte très jeune, à 31 ans, quelques jours après avoir mis au monde son enfant et après avoir prononcé son dernier mot « Shade… » (Dommage…) . Je suis entrée peu à peu dans son univers durant l’exposition mais à la fin j’étais réellement fascinée par sa manière de représenter les corps féminins, ni érotiques, ni mièvres, juste… là, dans leur réalité et leur vérité : « de vraies femmes. J’ai envie de dire des femmes enfin nues : dénudées du regard masculin. Des femmes qui ne posent pas devant un homme, qui ne sont pas vues par le désir, la frustration, la possessivité, la domination, la contrariété des hommes ».

Alors même si j’ai vraiment détesté un des derniers romans de Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes et pas non plus vraiment aimé le précédent, Clèves, j’ai eu envie de lire le texte qu’elle a écrit sur la vie de cette femme, Etre ici est une splendeur, phrase tirée d’un écrit du poète Rainer Maria Rilke, qui fut l’ami de Paula Modersohn-Becker. Merci à ma collègue qui me l’a prêté !

modersohn-beckerJ’ai eu énormément de plaisir à lire ce récit ; Marie Darrieussecq a réussi à rendre le parcours de cette femme extrêmement vivant, en gardant une présence discrète et à la bonne distance, art difficile… je n’avais par exemple pas tellement accroché à la manière dont Foenkinos avait procédé avec une autre peintre, Charlotte Salomon.  C’est une personnalité vibrante et entière que nous présente Darrieussecq, à travers ses lettres, ses journaux intimes. Ce qui frappe, chez Paula Modersohn-Becker, c’est sa passion pour la peinture, exclusive et exigeante, mais sans violence non plus : « Je sens en moi une trame douce, vibrante, un battement d’ailes tremblant au repos, retenant son souffle. Quand je serai vraiment capable de peindre, je peindrai ça. » Un très beau roman, sobre et profond.

Les tableaux : « Ruhende Mutter mit Kind » 1906 et « Selbstbildnis » 1905.

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6 commentaires pour Etre ici est une splendeur

  1. Pr. Platypus dit :

    Je l’ai lu avant l’exposition et j’ai été charmé aussi même si moi non plus je n’avais pas accroché aux autres textes que j’ai lus de Marie Darrieussecq. Je crois même que je ne serais pas allé voir l’expo si je n’avais pas découvert Paula Modersohn-Becker par ce biais-là !

  2. aifelle dit :

    Je n’ai rien lu de Marie Darrieussecq ; cette fois-ci, je suis très tentée, à cause du thème.

  3. Mind The Gap dit :

    Alors voilà un article qui me parle ! Je voulais aussi lire ce livre, je ne connais pas encore cette auteur. Tu as sûrement raison pour la vision masculine des coprs dénudés de femmes, mais du coup, les tableaux que tu reproduis ne me parlent pas, je ne ressens pas disons de « désir »…ce qui prouve que tu as raison .
    J’ai adoré Charlotte et gràce à Fonenkinos, j’ai lu une autre bio de Charlotte, acheté la reproduction de son oeuvre intégrale, j’ai été à Nice voir l’expo Salomon et en plus j’ai adoré Nice alors que j’en avais une image très négative.
    Bon faut que je mette ce livre sur ma liste !

    • sandrion dit :

      J’aime ta preuve par 9 🙂 Moi aussi j’avais beaucoup aimé l’oeuvre de Charlotte Salomon, c’est l’approche de Foenkinos qui ne m’avait pas beaucoup plu. Bon, tu me donneras ton avis sur ce bouquin de Darrieussecq alors !

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