Délivrances

delivrancesDe Toni Morrison, prix Nobel de littérature en 1993, j’avais lu, il y a assez longtemps Beloved et Home, et gardé le souvenir d’une lecture magnifique mais dense et assez énigmatique. Je trouve que Délivrances est plus facile d’accès que ces précédents romans, mais tout aussi beau.

Le personnage central c’est Lula Ann, une femme dont l’intense noirceur de peau lui a valu d’être rejetée par sa mère, Sweetness, qui était elle une « mulâtre au teint blond« . Enfant blessée, elle change son nom une fois adulte en Bride et lance sa propre ligne de cosmétiques : « Tout simplement stupéfait, il contempla, bouche bée, une jeune femme à la peau noir bleuté qui riait, debout sur le trottoir. Ses habits étaient blancs et ses cheveux, semblables à un million de papillons noirs endormis sur sa tête. » Cette phrase marque le début de son amour avec Booker qui, comme Bride, cache des blessures d’enfance. La délivrance, ils la trouveront, mais au terme d’un parcours difficile, semé de rencontres et d’épisodes à la limite du surnaturel, un peu dans la lignée du réalisme magique qu’on trouve chez certains écrivains sud-américains comme Garcia Marquez.

Les chapitres donnent alternativement la parole aux différents personnages, Bride, Booker mais aussi Brooklyn, l’amie de Bride ou d’autres. Ce livre est d’une poésie sombre et belle, à la fois limpide et complexe  et plein d’humanité. J’ai été gênée de temps en temps par la traduction et aurait bien aimé pouvoir le lire en anglais dans le texte.

Très bel article élogieux dans Telerama.

Publicités
Cet article, publié dans littérature étrangère, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

9 commentaires pour Délivrances

  1. aifelle dit :

    Quand je pense que je ne l’ai pas encore lue … j’ai honte.

  2. Mind The Gap dit :

    Oh punaise, il est dans ma liste de souhaits, j’ai envie d’essayer cette auteur avec ce titre là, mais la dernière phrase de ton article me tue…:D 😀

    • sandrion dit :

      Je comprends ! ça ne fait pas le coup à chaque auteur anglophone heureusement… faut dire que la traduction est un art hyper subtil il suffit de quelques maladresses pour que ça sonne faux…

      • Mind The Gap dit :

        Non…je parlais de Télérama…s’ils sont élogieux, je devrais fuir même si le dernier livre chroniqué sur mon blog est la preuve du contraire…:D

  3. noukette dit :

    Magnifique roman oui, une grand dame Toni Morrison…!

  4. Mior dit :

    Merci de ton conseil, je veux lire Morrisson depuis longtemps et je me demandais par où rentrer dans l’œuvre 😉

  5. Jerome dit :

    J’avais adoré. Comme tous les Toni Morrison d’ailleurs 😉

  6. nathalie dit :

    Je l’ai lu. Ce que j’ai aimé c’est l’alternance entre une atmosphère assez optimiste (pour nos deux jeunes tourtereaux) et le climat de menace planant sur les enfants, les enfants noirs en particulier, comme si un bonheur individuel pouvait survenir malgré tout dans un monde aussi méchant. C’est un équilibre très réussi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s