Carthage

carthageJe viens de terminer ce roman de Joyce Carol Oates, Carthage et je retrouve avec bonheur la puissance, la profondeur et la finesse qui caractérisent cet auteur dont j’ai dû lire… pas tous ses livres (la dame est particulièrement prolixe !) mais une bonne partie, dont la plupart avant ce blog (le seul que j’ai chroniqué ici est le bouleversant récit autobiographique qu’elle a publié à la mort de son premier mari, J’ai réussi à rester en vie).

Difficile de résumer ce roman ample qui couvre les années 2005 à 2012 et met en scène une famille, les Mayfield, dans la petite ville américaine de Carthage. La référence à l’Antiquité est évidente dans le choix du nom de la ville, comme dans celui des personnages de cette famille, le père c’est Zeno (comme le philosophe Zenon) et les deux filles Juliet et Cressida, la « jolie » et l’ « intelligente ».

Le roman débute avec la disparition brutale de Cressida, dans un rythme haletant et fiévreux, le père défait et courant avec les sauveteurs, croyant retrouver sa fille et tombant sur une biche éventrée. On croit à un thriller, l’enquête se resserrant autour de l’ex fiancé de Juliet, Brett Kincaind, jeune soldat revenu physiquement amoché et mentalement très perturbé de la guerre en Irak, qu’on a vu le soir de la disparition de Cressida en sa compagnie. Mais c’est bien plus qu’un thriller : à travers un prologue, trois parties et un épilogue, l’auteur dissèque une fois de plus la société américaine, et les profondeurs de l’inconscient. Les personnages sont complexes, par forcément faciles d’accès car souvent peu aimables, comme souvent dans les romans de Oates, mais le style est magnifique, le rythme ample et elle nous fait réfléchir sur la faute, la culpabilité, le pardon, la violence, a guerre et ses conséquences chez les soldats qui en reviennent, les prisons, la peine de mort ou la différence. Un grand roman !

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3 commentaires pour Carthage

  1. noukette dit :

    Il faudrait que je relise Oates, j’aime être bousculée pendant mes lectures…!

  2. nathalie dit :

    Je n’ai pas lâché ce roman, en dépit de son épaisseur, très, très prenant.

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