Un paquebot dans les arbres

un-paquebot-dans-les-arbresJ’attendais beaucoup de ce roman, peut-être est-ce pour cette raison que même si j’ai aimé Un paquebot dans les arbres, le coup de cœur a été moins fort que pour Kinderzimmer, ou même Banquises. Peut-être aussi parce que j’ai l’impression d’être en ce moment un peu trop crispée et débordée pour lire de manière détendue et paisible…

Ce paquebot dans les arbres (beau titre et belle photo de couverture, vraiment), c’est le sanatorium dans lequel se retrouvent les parents de Mathilde, Odile et Paulot, dans les années 50. Une narratrice prend la parole, au début et à la fin du roman, pour dire  ce « récit en marge, celle de la maladie et de la misère au temps miraculeux de la prospérité, de la Sécurité sociale et des antibiotiques qui semblent clore l’histoire de la tuberculose. » que lui aurait confié Mathilde, 50 ans après les faits. On suit la courageuse Mathilde, garçon manqué qui ferait tout pour plaire à ce père qui fait danser tout le village de La Roche-Guyon, dans son bar Le Balto, avec son accordéon, et qui tombe malade lorsqu’elle a une dizaine d’années. Le couple, plutôt cigale, n’a rien mis de côté et le village regarde de travers ces « tubards » qui peuvent les contaminer ; les médicaments coûtent cher, pas de Sécurité sociale pour ces petits commerçants qui vont de voir absolument rejoindre le sana d’Aincourt. Suivent les années sombres, la famille qui vole en éclats, la grande sœur, la préférée du père, préférant fuir, Jacques, le plus jeune s’accrochant à Mathilde, qui tient, vaillant petit soldat, Odile et Paulot se réfugiant dans leur amour fusionnel.

Mathilde est un beau personnage, solaire, énergique et généreux auquel on s’attache et pour laquelle j’ai eu plusieurs fois le cœur serré. On traverse avec elle cette époque des années 50 et les troubles liés à l’indépendance de l’Algérie et j’ai d’ailleurs trouvé par moments un peu artificiel le lien entre ce récit et l’évocation de ce moment de l’Histoire avec un grand H.

D’autres avis, souvent plus enthousiastes (et ils ont raison !) : Aifelle Noukette Enna Jérôme.

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6 commentaires pour Un paquebot dans les arbres

  1. aifelle dit :

    J’ai beaucoup aimé ce roman. Le mélange de la petite et de la grande histoire ne m’a pas gênée, c’était l’époque ..

    • sandrion dit :

      Et je viens de lire ton billet, très beau. Je ne l’avais pas vu car j’avais cherché dans la liste des romans dans laquelle tu n’avais pas encore rangé Goby ! C’est vrai que c’est un roman dur et peut-être qu ce n’est pas ce qui me fallait en ce moment ! Tu as raison : on a mal pour Mathilde et moi aussi j’étais parfois en colère contre Odile !!

  2. Jerome dit :

    Rien ne surpassera Kinderzimmer je pense. Mais ce paquebot est un roman absolument magnifique, je n’en démordrais pas; )

  3. saxaoul dit :

    Je suis entièrement d’accord avec Jérôme au sujet de Kinderzimmer. Je fais partie de ceux qui sont enthousiastes. Je l’ai conseillé à une bibliothécaire qui n’avait jamais lu l’auteure. Elle m’a dit hier qu’elle avait hâte d’être le soir pour poursuivre sa lecture. Un vrai bonheur !!!

  4. noukette dit :

    J’ai adoré, il est solaire ce roman…!

  5. enna dit :

    Je suis d’accord avec toi, c’est un très beau portrait de femme!

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