La dame aux camélias

Je me rends compte que je n’avais jamais lu le roman de cette histoire ultra célèbre, adaptée à l’opéra, au cinéma et au théâtre, écrite par Alexandre Dumas fils (que son père  n’a reconnu qu’à l’âge de 7 ans), et inspirée par son amour pour une courtisane.

la-dame-aux-cameliasJ’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, peut-être parce que je recherchais le style du père alors que l’auteur a une écriture plus simple mais aussi plus théâtrale, mais peu à peu je me suis laissée prendre. Le récit est raconté par un narrateur extérieur qui recueille la confession d’Armand Duval et la douloureuse histoire de son amour fou pour la belle courtisane Marguerite Gautier, la « dame aux camélias » car elle avait l’habitude de se montrer avec des camélias blancs 25 jours par mois signifiant qu’elle était libre pour ses amants, et rouges les 5 durant lesquels elle était indisposée. A travers Armand et le narrateur extérieur, nous découvrons de l’intérieur la vie de ces courtisanes, les folles soirées, le besoin constant d’argent, la nécessité d’avoir plusieurs amants à la fois mais aussi les amitiés intéressées, l’angoisse de la vieillesse et de la solitude. « Nous ne nous appartenons plus. Nous ne sommes plus des êtres, mais des choses. Nous sommes les premières dans leur amour-propre, les dernières dans leur largesse. »

Parce qu’Armand Duval a pleuré face à sa souffrance (Marguerite Gautier a la tuberculose) et qu’il lui témoigne un amour pur et désintéressé (enfin, pas toujours…), elle tombe amoureuse, pour la première fois de sa vie, ce qui lui vaudra quelques jours de bonheur mais aussi sa fin tragique…

Ce roman est vraiment intéressant pour sa peinture au vitriol de la société bourgeoise de cette époque, pétrie de bonnes manières et d’hypocrisie, de l’argent érigé en valeur suprême, pour la manière subtile et nuancée de la vie des courtisanes, pour le parallèle explicite dans le roman avec l’histoire de Manon Lescaut écrite au siècle précédent.

« On m’eût dit : vous aurez cette femme ce soir, et vous serez tué demain, j’eusse accepté. On m’eût dit : donnez dix louis, et vous serez son amant, j’eusse refusé et pleuré, comme un enfant qui voit s’évanouir au réveil le château entrevue la nuit. » (on ne peut pas mieux montrer la femme, méprisée comme putain, adulée comme personnage éthéré et romantique)

« Mais être réellement aimé d’une courtisane, c’est une victoire bien autrement difficile. Chez elles, le corps a usé l’âme, les sens ont brûlé le coeur, la débauche a cuirassé les sentiments. Les mots qu’on leur dit, elles les savent depuis longtemps ; les moyens que l’on emploie, elles les connaissent, l’amour même qu’elles inspirent, elles l’ont vendu. »

C’est ma participation du mois de février au challenge classique du Pr Platypus.

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5 commentaires pour La dame aux camélias

  1. keisha41 dit :

    J’ignore si je l’ai lu (je connaissais l’historie de la couleur des fleurs;..) mais pour l’opéra, sûr que je l’ai vu entendu (ah quelle histoire!)

  2. Mélicine dit :

    Je l’ai lu il y a si longtemps que j’avais oublié cette fin poignante… Merci de m’avoir rafraîchi la mémoire ^^

  3. Pr. Platypus dit :

    Jamais lu non plus ; je l’ai vu une fois au théâtre, dans une adaptation résolument éloignée du texte original que je n’avais pas aimée du tout. Depuis, je me dis que je devrais revenir à la source…

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