Jeudi c’est poésie

C’est le jeudi poésie chez Asphodèle !

Ci-dessous un poème que j’ai découvert en faisant passer des oraux blancs de bac dernièrement, il est très émouvant dans sa simplicité je trouve, ce poème écrit par Hugo sur son île de Guernesey (avec une photo de lui sur son rocher, fier et sombre !)

Exil

Si je pouvais voir, ô patrie,
Tes amandiers et tes lilas,
Et fouler ton herbe fleurie,
Hélas !

Si je pouvais, – mais, ô mon père,
O ma mère, je ne peux pas,
Prendre pour chevet votre pierre,
Hélas !

Dans le froid cercueil qui vous gêne,
Si je pouvais vous parler bas,
Mon frère Abel, mon frère Eugène,
Hélas !

Si je pouvais, ô ma colombe,
Et toi, mère, qui t’envolas,
M’agenouiller sur votre tombe,
Hélas !

Oh ! vers l’étoile solitaire,
Comme je lèverais les bras !
Comme je baiserais la terre,
Hélas !

Loin de vous, ô morts que je pleure,
Des flots noirs j’écoute le glas ;
Je voudrais fuir, mais je demeure,
Hélas !

Pourtant le sort, caché dans l’ombre,
Se trompe si, comptant mes pas,
Il croit que le vieux marcheur sombre
Est las.

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8 commentaires pour Jeudi c’est poésie

  1. martine dit :

    Le lyrisme de Victor Hugo lui permet de mettre en mots la douleur de l’exil.
    Mais « le sort, caché dans l’ombre,se trompe si, comptant mes pas, il croit que le vieux marcheur sombre est las » est chargé d’espoir !
    Belle et bonne journée 😀

  2. modrone dit :

    Très beau texte. Victor finit toujours par croire aux aurores radieuses. Il y a longtemps j’ai passé une semaine seul à Guernesey. J’avais loué un vélo. J’ai bien sûr visité Hauteville House. Merci à toi.

    • sandrion dit :

      Whaouh… tu te l’es jouée héros solitaire sur ton rocher j’espère !! J’aimerais beaucoup y aller un jour… Il paraît que c’est malheureusement horriblement cher.

  3. soene dit :

    Deux fois Hugo pour ce Jeudi Poésie, Sandrion, il faudrait l’inventer s’il n’existait pas 😉
    Ce n’est pas le poème que je préfère, mais j’apprécie que l’on sorte des sentiers battus 😆
    Bises d’O.

  4. Asphodèle dit :

    Ce poème me fait sourire car au-delà de la « douleur de l’exil », (on veut bien le croire même s’il en rajoute un chouilla), le lion qu’il était affûtait ses canines pour préparer son retour ! Du beau Hugo ! Bises Sandrion et merci de ta participation ! 😉

  5. J’aime beaucoup la fin du poème au moment où l’on se dit que ces vers sont lugubres !

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