Camille, mon envolée

Ouf… pas facile comme lecture mais effectivement, c’est beau, dense et fort, sans pathos inutile, sans mièvrerie. Je suppose que vous êtes nombreux(ses) à avoir lu ce petit livre que Sophie Daull a écrit comme une évidence, pour lutter pas à pas, pied à pied, face à l’incompréhensible mort de son enfant, sa fille Camille, après une fièvre foudroyante, en quatre jours…

« Je promets je vais forcer mes mots pour qu’ils échappent au sirop de deuil un peu gluant, poème pompeux, élégie larmoyante ; je vais inaugurer ton outre-vie avec une plume trempée dans ton regard quand il s’ouvrait grand : franc, droit, lumineux. »

Et c’est ce qu’elle fait. Elle écrit à sa fille en alternant le récit de ses quatre derniers jours jusqu’à l’enterrement, récit brut de ces journées hallucinées – l’angoisse, la douleur de Camille, l’incompétence du corps médical, et après, le manque, les pensées qui tournent en rond, la réaction des autres – et l’autre récit, quelques jours plus tard, à la mer avec le père de Camille, les mots pour prolonger le contact avec son enfant et préparer le deuil, d’autant plus difficile qu’elle a dû faire, lorsqu’elle avait 20 ans, celui de sa mère, trop tôt disparue : « Je vais inventer tes après-16 ans, ses après-45 ans. Oui je vivrai pour trois, mes envolées, je vivrai au cube, je serai l’antifantôme, l’ultra-spectre, la démolie qui vit de vos restes, de vos âmes, en miettes. »

Et ce très beau proverbe chinois au début du livre : « Tu ne peux pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de ta tête, mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux. »

L’auteur sur le plateau de la Grande Librairie : très beau…

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5 commentaires pour Camille, mon envolée

  1. noukette dit :

    Je n’ai toujours pas réussi à m’y plonger, il me fait peur…

  2. aifelle dit :

    Je l’avais vue à la Grande Librairie et elle m’avait touchée, mais je n’ai toujours pas envie de lire son livre.

  3. Mind The Gap dit :

    Moi aussi, je l’avais vu à LGL, je regardais encore il n’y a pas longtemps. Elle m’avait touché. Après, lire ce récit, je ne sais pas; mais si ça lui a fait du bien à elle de l’écrire et si en plus elle a touché les lecteurs, alors tant mieux !

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