La nature des choses

Grâce à Babelio j’ai pu découvrir ce roman australien que j’ai dévoré quasi d’une traite mais qui m’a laissée extrêmement mal à l’aise et perplexe.

Dès les premières lignes le malaise est présent, poisseux. On suit les impressions et émotions de dix jeunes femmes qui se sont fait manifestement enlever. Elles sont toutes jeunes, avec un passé plus ou moins sulfureux. Le lecteur est comme elles, il ne sait pas du tout pourquoi elles sont là, qui sont les deux hommes qui les séquestrent, les tiennent en laisse et les mènent dans un endroit inconnu. Après plusieurs heures de marche pénible, elles arrivent près d’un immense grillage électrifié et Boncer, l’un des gardes, balance une des filles sur le grillage pour leur faire peur. Dans l’espèce de ferme où ils arrivent, les femmes sont parquées, rasées, habillées de grossiers habits. Les geôliers sont trois : Boncer le brutal, Teddy, genre de beau gosse qui fait du yoga, et Nancy. Ils sont imprévisibles et cruels. Les filles sont obligées de travailler, dans l’attente d’un mystérieux Hardings, qu’on devine le commanditaire de cet enlèvement et qui tarde à venir…

Le roman est construit sur trois saisons, Eté, Automne et Hiver et suit de manière fiévreuse la descente aux enfers de ces 13 personnages, car peu à peu les vivres viennent à manquer et c’est grâce à une des prisonnières, Yolanda, qui a trouvé des pièges rouillés, qu’ils vont trouver à manger. Mais on sent que peu à peu le rapport de forces s’inverse…

Une lecture marquante, très sombre et frustrante, dérangeante. Quel est le rapport avec le titre ? L’auteur voit-elle ce genre de rapports violents comme « la nature des choses » ? Lors de la première « discussion » entre Boncer et Verla, une des filles, lorsqu’elle lui dit qu’elle a besoin de savoir où elle est, il répond ; « t’as surtout besoin de savoir ce que t’es« . Serait-ce au contact de situations limites, extrêmes, que l’on découvre sa propre nature ? Manifestement, l’auteur cherche à dénoncer une vision machiste de la femme perçue comme objet sexuel, y compris par les femmes elles-mêmes qui, dans l’ensemble, ne se rebellent pas vraiment contre ce qui leur arrive. Le lecteur est constamment sur sa faim (manière de parler car – comme on le voit sur la couverture – les personnages consomment presque exclusivement du lapin, dont le traitement culinaire assez écoeurant est largement décrit… – je risque de ne plus en manger pendant longtemps !!) et la fin (sans mauvais jeu de mots) est carrément bizarre…

Je remercie Babelio pour cette lecture qui ne laisse pas indifférent !

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Un commentaire pour La nature des choses

  1. aifelle dit :

    Beaucoup trop bizarre pour moi !

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