Bakhita

Evidemment j’étais alléchée par tous les billets élogieux sur ce roman (celui de Mindounet par exemple) et… je ne ferai pas exception : j’ai été complètement happé par le destin hors du commun de cette femme incroyable, esclave devenue sainte et canonisée par le pape, et l’auteur aussi apparemment. Il faut dire que Bakhita a vécu plusieurs vies en une seule : née au Soudan en 1869, elle est kidnappée à l’âge de 7 ans, revendue plusieurs fois comme esclave, victime de mauvais traitements divers. A 14 elle est acheté par un consul italien et sa vie bascule, elle se retrouve en Italie, d’abord nourrice d’une petite fille, puis ayant découvert la foi dans un institut catholique où elle passe un an avec cette petite fille, Mimmina, elle devient religieuse.

Véronique Olmi réussit à faire de cette histoire vraie un roman au souffle ample et puissant, au plus près des émotions et sensations de ce personnage d’une grande richesse et force intérieures. La première partie au Soudan comporte des passages à la limite du soutenable, de cruauté et d’inhumanité mais d’autres d’une grande sensibilité, par exemple lorsque Bakhita, qui a oublié son prénom d’origine, pense à ses parents : « Leurs pères sont puissants et bon. Et elle a la certitude que son nom oublié vit quelque part, protégé. Elle devine les corps endormis dans l’odeur atroce et les bruits intimes, et elle décide qu’elle veut bien s’appeler Bakhita. Elle décide ça, elle l’accepte. Bakhita. Abda. L’esclave. Elle glisse dans un rêve dans lequel sa mère la tient contre elle. Elle cherche les mots pour lui dire qu’elle l’aime, la rassurer, mais elle l’aime tant qu’elle ne trouve pas les mots. Pour cet amour-là, il n’y en a pas. »

« Elle a soif et elle a mal, ses muscles sont tressés ensemble, comme les feuilles séchées de baobabs, rugueuses et grinçantes »

Toute sa vie est une suite de déchirements, de séparations, de départs, de souffrances et de pertes mais Bakhita est portée aussi par une force immense et une aide qu’elle identifie peu à peu comme celle de Dieu. Comme Mind, je suis plutôt athée et j’ai été très touchée par cette spiritualité simple et profonde qui transparaît en particulier dans la seconde partie du roman.

Une très belle lecture et ma première participation au Challenge Petit Bac 2018 dans la catégorie « prénom« .

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9 commentaires pour Bakhita

  1. Valérie dit :

    Je sais que je ne le lirai pas, trop noir je pense.

  2. kathel dit :

    Je crains à la fois les passages trop durs et que ce soit trop édifiant… Je ne suis pas du tout sûre de le lire, malgré les avis élogieux.

  3. keisha41 dit :

    Un roman toujours emprunté, il y a donc des chances que je ne le lise pas, je serai passée à autre chose…

    • sandrion dit :

      Tu ne peux pas réserver par internet ? C’est ce que j’ai fait, parfois je réserve et quelques semaines après, le livre est réservé pour moi, c’est comme une surprise !

      • keisha41 dit :

        Si si je peux, mais il faut que je prévoie de le lire, or pour Bakhita, je ne sens pas la priorité non plus (à chaque passage à la bibli j’explose le quota…)

  4. Mind The Gap dit :

    Je suis ravie qu’il t’ait plu autant qu’à moi. C’est vraiment la séparation qui est au centre de cette vie hors du commun, Ce sera un grand souvenir de 2017 .

  5. Christine Dupuy dit :

    J’ai lu dans la journée ce roman lumineux malgré sa cruauté..j’ai le coeur encore serré pour Bakhita admirable dans sa force et sa foi..

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