La variante chilienne

Voilà un moment que je voyais ce titre me faire de l’œil et quelle n’a pas été ma surprise dans la postface (ou « lignes de suite », comme dans les livres de Thomas Vinau !) de lire, cités, nombre de blogueurs et blogueuses que je fréquente régulièrement ! Le succès des livres de Pierre Raufast tient donc en partie – et c’est tant mieux – aux retours enthousiastes sur les blogs de lecture…

En tout cas c’est un roman jouissif, fait de bric et de broc, carrément déjanté par moments, et porté par la verve indéniable d’un conteur né qui sait capter son public ! Pascal, prof de littérature, s’installe pour l’été dans un gîte, en compagnie de Margaux, une jeune fille de presque 18 ans qui fuit son père, son passé et quelques bêtises. Tous les deux tombent rapidement sous le charme de Florin, cet étrange sexagénaire et sa collection de cailloux représentant chacun un souvenir. « Décidément, ce Florin me plaît bien, me suis-je dit. Nous avions en commun l’amour du tabac, du vin et de la littérature. Certaines amitiés sont moins charnues. » En effet, dépourvu d’émotions à la suite d’une mésaventure, il se sert d’objets pour les relier à ses souvenirs. Sinon, sans émotions, pas de mémoire ! Et de fil en aiguille, de pipe en verre de vin, de lapin aux olives en balade sous les étoiles, de caillou en caillou, les histoires s’enchaînent, toutes plus rocambolesques les unes que les autres : un village où il pleut sans discontinuer durant 11 ans et où les enfants ne croient plus aux soleil, une partie de cartes historiques menée par Florin (qui y gagne une maison), l’Erudit (qui a trouvé le crime parfait pour punir sa femme adultère et son amant), l’Avocat du barreau (appelé comme ça car il bande sans arrêt « Il pouvait s’échiner des heures, aucune éjaculation, aucun orgasme. C’était comme avoir un 357 Magnum sans les balles. Frustrant. ») et le colonel, des croque-morts très peu scrupuleux, on croise même Borges en très galante compagnie !

Un roman frais et tonique, plein de poésie, d’humour vif et décalé, parfois grinçant, d’humanité, il se déguste comme un bon vin !

C’est Mrs Pepys qui m’a rappelé que j’avais envie de découvrir ce bouquin !

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5 commentaires pour La variante chilienne

  1. Violette dit :

    c’est mon préféré de l’auteur, j’ai moins aimé son dernier mais apprécié tout de même !

  2. aifelle dit :

    J’ai bien aimé cette lecture aussi, mais je n’ai rien lu de l’auteur depuis.

  3. keisha41 dit :

    Que du bonheur (et en Islande j’ai ramassé de beaux cailloux ^_^)

  4. saxaoul dit :

    Je suis loin de partager l’enthousiasme général. Si je reconnais le talent de l’auteur, ses romans sont un peu trop décalés à mon goût.

  5. Mind The Gap dit :

    Alors comme c’est Dimanche, je dirais que ses raviolis de l’époque me sont un peu restées sur l’estomac…alors je passe pour celui-ci !

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