Rencontre avec Sandrine Collette

Je me rends compte que j’ai complètement oublié de vous parler de la venue de Sandrine Collette !! Elle a rencontré mes élèves fin janvier et ce fut un très beau moment (elle en a même parlé sur FB ensuite !)

Et une gentille dédicace !

Quelques notes prises (attention – pour ceux qui n’ont pas lu Un vent de cendres : SPOILER !)

Sur son métier d’écrivain :

Comme d’autres écrivains, elle écrit depuis l’enfance, des histoires, des journaux intimes. Au départ, on écrit pour soi et puis on a envie d’être lu par d’autres.

Pour écrire un roman, elle a besoin d’un an, 4 à 6 mois pour trouver l’idée et le reste pour l’écrire.

Quand elle était petite, elle voulait devenir monitrice d’équitation car elle adore les chevaux. Puis elle a fait divers boulots et à 40 ans, elle a eu envie de revenir à ce qu’elle rêvait de faire au départ. Et 40 ans ce n’était pas trop tard car les éditeurs refusent ceux qui envoient leur premier manuscrit à 60 ans, c’est trop tard !

Elle a écrit 6 livres dont le dernier qui vient de sortir, Juste après la vague. Son premier roman, Des nœuds d’acier, elle ne l’a pas écrit en pensant qu’il allait être catégorisé « thriller », elle a écrit l’histoire qu’elle voulait écrire et c’est son éditeur qui a écrit « thriller » sur la couverture ! Jeune, elle lisait peu de polars, à l’époque ce genre était peu valorisé, aujourd’hui, en particulier grâce aux auteurs américains ou scandinaves c’est différent. Comme elle a peu lu de polars, elle n’en a pas forcément les codes.

Sur Un vent de cendres :

  • De quoi elle s’est inspirée – Comme elle a fait les vendanges, elle connaît bien et s’en est donc inspirée pour écrire les descriptions des vendangeurs et des vendanges. De plus, pour la scène de l’accident elle s’est souvenue de la Mercedes d’un copain avec un toit ouvrant, c’est là qu’elle a eu l’idée. Enfant, son père avait aussi un toit ouvrant et elle sortait le buste dehors, debout sur le siège ! Aujourd’hui, dans notre société ultra sécurisée on ne pourrait plus… De façon générale, elle pense que ce qu’on raconte doit être crédible, vraisemblable, même si on invente, on ne peut pas dire n’importe quoi.
  • Octave – Les gens ont une fascination pour les monstres, certains ont aussi, comme Camille, le syndrome du St Bernard, ils veulent sauver le monde et se disent que ce monstre que personne ne peut sauver, elles, elles le feront. Octave c’est son personnage préféré, il est fou c’est sûr, mais au moins avec ce genre de personnes on ne s’ennuie pas…
  • La mort de Malo – Si elle l’a fait mourir c’est pour la cohérence du récit, car sa mort crée un rebondissement et qu’on ne retrouve pas son corps permet d’éviter une enquête et qu’Octave/Andreas puisse tisser son piège. Cela permet de créer aussi un effet avec son téléphone portable (que faire du portable des personnages est une question que tous les auteurs de polars aujourd’hui sont obligés de se poser !)
  • Les autres personnages – Son premier roman ne comptait que trois personnages, par contraste elle a voulu un groupe plus important. De plus, ce groupe joyeux dans le soleil des vendanges contrastait bien avec la noirceur du drame qui se prépare… Madeleine par exemple, apporte une note de gaité et d’espoir.
  • Le titre – Elle l’avait appelé « la dévorance » au départ mais son éditeur a refusé car il pensait que ce ne serait pas assez vendeur, au bout du compte c’est lui qui choisit. Finalement, elle trouve « un vent de cendres » pas mal car l’explication n’arrive qu’à la toute fin.
  • La fin de Camille – Chez elle, elle avait 20 chevaux (aujourd’hui elle en a encore 4) dont un percheron noir magnifique. C’est en regardant cet énorme cheval qu’elle a eu l’idée du corps de Camille à l’intérieur et a su qu’elle voulait terminer sur cette image. Mais quelques mois après le livre, le percheron a développé une grosseur, qui s’est révélée être une tumeur et… elle en est morte ! Depuis elle fait bien plus attention à ce qu’elle écrit…
  • Octave et Andreas – Elle a choisi de présenter l’histoire 10 ans après l’accident (l’accident qui a bien lieu, car Laure est vraiment morte) pour que les blessures physiques soient guéries et que la folie soit mise en place, pour qu’on ne sache pas si le personnage est fou depuis le départ ou s’il l’est devenu. Le plus plausible pour elle c’est qu’il soit fou et dédoublé dès le début car jamais on ne dit ce qui est arrivé à l’autre. Mais la fin reste ouverte et flottante ce qui peut être dérangeant pour le lecteur.
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5 commentaires pour Rencontre avec Sandrine Collette

  1. aifelle dit :

    Je l’ai rencontrée aussi en librairie, et l’aie trouvée charmante et intéressante. On peine à imaginer en la voyant qu’elle écrit de telles horreurs ! 😉

  2. saxaoul dit :

    Un vent de cendres est le seul et unique roman de Sandrine Colette que j’ai lu et j’en garde le souvenir d’une tension omniprésente du début à la fin. Ce n’est pas spécialement le type de lecture que j’affectionne particulièrement et pourtant j’ai beaucoup aimé.

  3. Je sais pas si mon message est passé : je résume :veinarde 😍

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