Une longue impatience

Bon, celle qui en parle le mieux, c’est Asphodèle, une inconditionnelle de l’auteur ! C’est elle qui m’a convaincue de placer ce roman tout en haut de ma PAL !

Moi aussi j’aime beaucoup Gaëlle Josse mais certains romans m’ont plus touchée que d’autres, et celui-ci en fait partie. J’avais tout au long du livre le cœur gros qui vibrait d’émotion… Anne, le personnage principal du livre, vit dans les années 50. Issue d’un milieu très modeste, elle a eu un enfant d’un premier mariage avec un marin. Veuve, elle a accepté la demande en mariage d’Etienne, un notable de la ville, qui malgré ses promesses a tendance a avoir la main bien leste envers Louis, le premier fils, et les mots bien rudes… Alors après une correction de trop, Louis s’enfuit, sans dire où il va.

Anne finit par savoir qu’il est parti en mer, alors elle lui écrit et prépare dans ses lettres un festin merveilleux pour son retour… Ni l’amour d’Etienne, ni celui qu’elle porte à ses deux enfants plus jeunes, Jeanne et Gabriel, ne comblent cette « longue impatience », cette douleur sourde et puissante due à l’absence qui dure du fils bien-aimé… « Je plonge le visage dans la tiédeur des cous, des oreilles, des bras qui veulent me retenir, des doigts légers, un peu collants, qui caressent mes joues, je sombre dans la douceur des cheveux lavés, du linge frais. Une fois franchie leur porte, j’entre dans ma nuit, à la rencontre de la part de ma vie qui vient de brûler. » « Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par le vent mauvais, je m’invente des poids pour tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre. »

Anne est un personnage de femme et de mère tellement émouvant, tellement juste, servi par une langue précise, poétique et dense.

« Car toujours les mères courent, courent et s’inquiètent, de tout, d’un front chaud, d’un toussotement, d’une pâleur, d’une chute, d’un sommeil agité, d’une fatigue, d’un pleur, d’une plainte, d’un chagrin. Elles s’inquiètent dans leur cœur pendant qu’elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu’une voix intérieure qu’elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l’enfant un jour sorti de leur flanc. »

C’est vrai non ?

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8 commentaires pour Une longue impatience

  1. aifelle dit :

    Les avis sur ce roman sont tellement élogieux qu’il faudra que je le découvre. Mais j’en ai un autre dans ma PAL, alors chacun son tour.

  2. Mind The Gap dit :

    Je l’ai aussi, je le lirai certainement avant l’été, c’est une auteur que j’aime, surout Nos vies désaccordées et aussi son avant dernier, dont le titre m’échappe, il y a ombre dedans…

  3. Syl. dit :

    « L’ombre de nos nuits », Mind ! Je l’ai offert à belle-maman, j’attends qu’elle me le passe…

  4. Asphodèle dit :

    Ho oui c’est vrai, à propos des derniers mots de l’extrait… Je l’avais aussi post-ité mais je n’avais plus de place dans mon billet pour tout citer ! Contente qu’il t’ait touchée et merci pour le lien ♥ Bisous !

  5. Violette dit :

    oh oui c’est vrai, une fois maman = finie la belle tranquille insouciance:)
    Je lirai ce livre dans quelques jours.

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