Un monde à portée de main

D’une chambre d’adolescente à la grotte de Lascaux : on pourrait ainsi résumer le parcours de Paula Karst, bachelière tâtonnant dans son orientation, puis étudiante rue du Métal, à Bruxelles, dans une école de peinture qui apprend aux étudiants l’art des décors et du trompe l’œil. « Le trompe-l’œil est la rencontre d’une peinture et d’un regard, il est conçu pour un point de vue particulier et se définit par l’effet qu’il est sensé produire. »

Dans Réparer les vivants le lecteur plongeait dans le concret des gestes techniques à l’hôpital, ici c’est l’apprentissage de la peinture en trompe-l’œil qu’on suit, au plus près, par la description précise des gestes et des outils, par des termes techniques. J’ai trouvé le projet ambitieux et… assez casse-gueule, de fait, par moments j’ai été un peu lassée de ces descriptions (énumération d’outils, noms des différentes couleurs, des différents marbres, etc.) mais dans l’ensemble je me suis vraiment laissée embarquer. D’abord parce que c’est rare des romans qui plongent dans un métier avec tout ce que cela comporte de gestes mais aussi de rituels, de symboles, de relations. Et puis parce que les personnages sont vraiment incarnés, Paula et ses deux amis qu’elle rencontre à l’école de décors, Jonas et Kate, sont des jeunes de notre époque, avec leur naïveté, leurs doutes, leur énergie. On suit Paula dans ses errances et ses découvertes, de Moscou à la Dordogne en passant par les studios de cinéma à Cinécitta, grâce à une écriture toujours aussi impressionnante, dense, nerveuse et puissante. Et quand elle parle de ces faussaires géniaux qui savent transfigurer la matière pour faire croire au réel… c’est sûrement aussi d’elle, écrivaine, qu’elle parle !

« Les bruits du dehors ont disparu, le silence tient les murs, et seule la respiration de Paula au travail fait entendre une vibration qui monte. »

En cliquant ici, une interview de 7 minutes très intéressante de l’auteure !

L’avis de Valérie, un peu mitigé –

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8 commentaires pour Un monde à portée de main

  1. kathel dit :

    J’imagine que c’est un peu « ça passe ou ça casse » avec ce roman… Je m’interroge sur le chiffre des ventes, ce n’est tout de même pas très « grand public » comme thème : l’effet Grande Librairie ? En tout cas, je serais curieuse de voir si pour moi, ce sera un coup de coeur comme pour Réparer les vivants ou un abandon comme avec Naissance d’un pont.

  2. krolfranca dit :

    Je le lirai sûrement un jour, j’aime l’écriture de cette auteure, même si je n’ai jamais osé lire Naissance d’un pont.

  3. valmleslivres dit :

    Finalement, tu es aussi mitigée.

  4. Mind The Gap dit :

    Bon ben je ne le lirai pas…déjà que sur Tengente à l’Est j’ai trouvé ça pas terrible et qu’elle s’écoutait écrire !
    Mais réparer les vivant oui, parce que phénomène d’édition, j’aime bien savoir pourquoi dans ces cas là !

  5. lewerentz dit :

    Le sujet me tente (art, faux) mais pour avoir lu des extraits en librairie, je ne suis pas sûre que le style me convienne…

  6. saxaoul dit :

    Je le lirai certainement mais je n’en fais pas une priorité.

  7. Syl. dit :

    Inverse de toi ! J’ai beaucoup aimé la partie technique. Rien qu’à l’évocation des couleurs et des odeurs, je suis transportée ! Je crois que je pourrais adorer lire les déclinaisons des teintes à l’infini ! Les noms sont d’une poésie !!!
    Par contre, j’ai moins aimé lorsqu’elle est à Lascaux.
    Kiss

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