Comme un lundi

Salut Thomas !

Il était temps que je te lise à nouveau, je me rends compte que tes textes m’avaient manqué… qu’il est bon de frotter à tes réflexions douces et rêches, tendres et amères, tu n’as décidément pas ton pareil pour décrire en quelques lignes le joyeux et absurde et foutraque et terrible train du monde, ce monde où il faut quelquefois « attaquer une montagne avec ses dents »

Et puis page 101, la lecture de « Caniche perdu » qui évoque ces heures passées avec toi au lycée, mes élèves lisant leurs bouts de poème, toi écoutant, racontant, partageant… quelle belle surprise !

J’aurais envie de tout partager, tous ces bouts de vie rendue poésie, alors un, presque au hasard, qui dit bien ton style de mine de rien, drôle et poétique.

Voilà j’espère que tu passes toujours des heures à la fenêtre à regarder les nuages ou le feu dans la cheminée, une tasse de café bien noir à la main. La bise à tes deux fils et à ta femme Emily ! »

« Traîner les pieds

Le crépuscule a mis du temps à s’en aller ce soir. Il a traîné ses pieds de lumière sale sur les choses un bon moment et, lorsque je suis sorti sur le perron aux alentours de vingt-deux heures, il était encore là à flotter sur le contour des arbres. J’ai fumé une cigarette avec lui en ne parlant de rien. Puis il s’est éclipsé dans un coassement de crapaud. »

Et celui-ci, qui dit si bien à quel point c’est parfois difficile et rude de vivre ensemble et à quel point c’est bon et précieux à la fois…

« De l’usure. Des questions. Des matins sans lumière. Des journées qui s’empilent comme des mauvais Lego. Nos yeux se rapprochent du sol. Nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lame de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l’usage, jusqu’au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s’embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé pleure. Il est bientôt sept heures. Tu me souris lorsqu’il te mord la joue. Tu me fais un café. Mes yeux demandent pardon. C’est lundi et on s’aime. Demain c’est septembre. Le temps nous marche dessus. Sous ses semelles une nouvelle semaine. »

Avis (bien plus développé et avec un autre poème dessus) du Petit Carré Jaune. L’avis d’Hélène, enthousiaste aussi, et Noukette.

Cet article a été publié dans littérature française. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Comme un lundi

  1. krolfranca dit :

    J’ai bien envie de le lire, tellement j’aime l’écriture de cet auteur !

  2. aifelle dit :

    Je le lirai bien sûr et c’est un plaisir de reprendre régulièrement ses recueils.

  3. Mind The Gap dit :

    J’en ai un qui m’attends depuis longtemps…j’y reviendrais car j’apprécie son univers !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s