Une saison ardente

Etrange début que celui de ce roman, qui résume en trois lignes l’intrigue : « A l’automne de 1960, alors que j’avais seize ans et que mon père était momentanément sans emploi, ma mère rencontra un homme du nom de Warren Miller et tomba amoureuse de lui. » L’intérêt est effectivement ailleurs que dans l’histoire…

Tout est raconté par le fils, Joe, dont le père vient de partir aider les pompiers à éteindre un gigantesque incendie ravageant la région depuis plusieurs jours. Il se retrouve seul avec sa mère qui, durant les trois ou quatre jours de l’absence du père, vit une liaison avec un autre homme. L’écriture est d’une incroyable sobriété, tout en maîtrise et en retenue ce qui confère finalement un caractère poignant à l’histoire. Joe rapporte les propos de ses parents, raconte ce qui se passe, n’en comprenant qu’une partie (et nous aussi du coup), confronté brutalement au monde des adultes et à sa propre solitude. L’incendie spectaculaire est également au centre du roman, belle métaphore de l’effondrement du couple, de la puissance du désir, et de l’impuissance des hommes. Une très belle lecture, que j’aurais préféré lire en anglais, la traduction m’a gênée à des moments.

Il paraît que le film qui vient de paraître, tiré de ce livre, est très bien aussi !

« Je ne devais pas croire que nous n’étions que la somme de nos pires erreurs parce qu’en fin de compte nous étions meilleurs que nous le pensions. »

« Et il y en a, des mots, des mots qui veulent dire quelque chose, mais qu’on ne veut pas dire, des mots qui sont responsables de vies brisées, des mots qui voudraient réparer quelque chose de brisé, mais qui n’aurait jamais dû être brisé, quelque chose que personne ne voulait voir briser et que, de toute façon, ils n’arriveront pas à réparer. »

Conseillé et offert par une de mes amies : merci !

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8 commentaires pour Une saison ardente

  1. Christine Dupuy dit :

    Avec une (jeune)amie, nous avons longtemps réfléchi aux motifs de la fêlure conjugale impossible à colmater alors que les sentiments demeurent; car, comme tu le dis, nous n’avons pas toutes les cartes et c’est tant mieux! Mais c’est Joe la belle figure de ce roman, pris au piège, tout d’amour tendu mais impuissant devant l’inéluctable.

  2. keisha41 dit :

    Peu importe qu’on connaisse l’histoire, l’intérêt demeure, alors (et puis c’est ford)

  3. aifelle dit :

    Je ne l’ai pas lu ; un film va sortir ?

  4. Mind The Gap dit :

    Oui, il a l’air bien ce livre (en français pour moi hein 😀 )

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