Illusions perdues

La semaine dernière je suis allée voir un spectacle de théâtre extraordinaire (la metteure en scène, très très talentueuse, s’appelle Pauline Bayle, si vous voyez passer un spectacle d’elle dans vos villes, courez-y !) inspiré du roman de Balzac, Illusions perdues. Du coup je l’ai lu…

Verdict : c’est… LONG ! des passages fabuleux et tellement mordants et modernes mais, pour moi en tout cas, des longueurs. C’est l’histoire de Lucien Chardon, jeune poète vivant à Angoulême et qui a pris le nom de sa mère, Rubempré. Il tombe amoureux de la comtesse de Bargeton (j’ai choisi une illustration de 1837 où on voit Lucien aux genoux de cette comtesse), elle-même sous le charme de la beauté extrême du jeune homme et qui lui propose de venir avec elle à Paris. Une fois dans la capitale, elle prend conscience de l’impossibilité de s’afficher avec Lucien et l’abandonne. Plein d’ambitions et de naïveté, le jeune poète tente de faire publier ses poésies ; en vain.

Il devient journaliste et c’est l’occasion pour Balzac de brosser un portrait du monde impitoyable, cruel, cynique de la presse et des journalistes qui font la pluie et le beau temps, font et défont à leur gré les réputations des auteurs, au mépris de la réelle qualité littéraire des œuvres. Il évoque aussi l’univers de l’imprimerie et des actrices. C’était bien de retrouver cet univers foisonnant qui est celui de la Comédie humaine de Balzac et Lucien est un jeune homme qui pourrait faire un parcours bien similaire de nos jours…

Une photo de l’actrice (devant) jouant Lucien ; les acteurs et actrices (ils sont 5) sont époustouflants… un grand moment de théâtre !

« Le journalisme est un enfer, un abîme d’iniquités, de mensonges, de trahisons, que l’on ne peut traverser et d’où l’on ne peut sortir pur, que protégé comme Dante par le divin laurier de Virgile. »

« Tout s’excuse et se justifie à une époque où l’on a transformé la vertu en vice, comme on a érigé certains vices en vertus. »

« La conscience, mon cher, est un de ces bâtons que chacun prend pour battre son voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui. »

Et voilà pour le mot (et l’adjectif !) au pluriel demandé par le challenge Petit Bac !

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6 commentaires pour Illusions perdues

  1. keisha dit :

    Je l’ai lu, oui c’est gros, mais c’est Balzac!

  2. krolfranca dit :

    Je n’aime pas tout de Balzac, loin s’en faut, c’est souvent long mais celui-ci (que j’ai lu il y a très très longtemps et dont je ne me souviens pas) je crois que je l’avais beaucoup aimé.

  3. ningcaichen dit :

    Merci pour la référence du spectacle, tu donnes très envie. Les illusions perdues (et globalement l’ensemble constitué par le Père Goriot, Les illusions perdues et Splendeur et misère des courtisanes) est mon Balzac préféré. Les longueurs en font partie, mais c’est vrai qu’il faut une certaine patience pour le lire… 🙂

  4. ningcaichen dit :

    De rien, merci à toi pour ton blog que je lis toujours avec intérêt et profit.

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