La tentation

François a 56 ans, chirurgien reconnu, il se réfugie régulièrement dans son pavillon de chasse alpin, dans la chasse en solitaire, sans son chien, mort peu de temps avant. La tentation ? le titre appelle évidemment de multiples interprétations mais l’une d’elles est de tuer ce cerf qui, après deux ans de traque, se trouve enfin dans son viseur, mais… il ne peut pas. Il le blesse, puis le sauve, comme il le fait dans son métier. « Lui, donc, le géologue des tissus profonds, qui refermera les chairs jusqu’à l’épiderme sur le secret de cet univers inenvisagé, pour qu’à nouveau les gisants se relèvent, il songe que sa plus grande satisfaction s’alimente de cette relevée des corps qui vont sortir de son regard, se fondre dans le monde. » Mais ce métier, c’est aussi un monde qui est en train de sombrer, celui du travail bien fait, de l’argent gagné à la sueur de son front, des relations humaines directes, de l’amour de la nature… Face à cela il y a le monde nouveau, celui qu’habitent les deux enfants de François, Mathieu, le cynique banquier qui ne croit qu’à l’argent, et Mathilde amoureuse folle d’un truand moderne. Et dans ce pavillon de chasse, ces deux mondes vont s’affronter, comme le cerf et le chasseur…

Quelle langue magnifique que celle de Luc Lang ! La scène augurale du face-à-face entre le chasseur et le cerf est splendide, et qu’il évoque dans le détail la chasse, la nature ou la chirurgie, c’est un bonheur de lire ces phrases denses et belles, même s’il abuse un peu trop à mon avis des phrases inachevées… (d’où la multiplication des points de suspension dans mon billet :)) Le roman est divisé en 4 chapitres qui fonctionnent deux par deux et j’ai eu un peu de mal à comprendre pour quelle raison il avait choisi de réécrire en quelque sorte deux fois les scènes. Et puis certains passages m’ont paru un peu longs et l’envie de dénoncer le cynisme désespérant de notre monde un peu trop didactique. Bref, une lecture intéressante mais qui m’a moins parlée que d’autres romans de cet auteur.

« Laisser parler les armes est une mauvaise métaphore, aucune conversation ne s’engage, l’issue n’ouvre que sur un monologue, ou encore le silence des belligérants avec la mort en partage.« 

Cet article a été publié dans littérature française. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour La tentation

  1. aifelle dit :

    Un auteur que j’aimerais bien découvrir, mais je commencerai plutôt par « au commencement du 7e jour ».

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s