la noyée d’onagawa

Aujourd’hui c’est un billet particulier car Marilyne Bertoncini est une amie chère, avec laquelle j’ai travaillé à Lille il y a une vingtaine d’années, à la retraite aujourd’hui et devenue autrice et traductrice. Elle m’a fait parvenir ce magnifique texte, publié en ce début d’année 2020 chez Jacques André éditeur.

Je lis finalement peu de poésie et je me dis en fermant ce livre court et dense que j’ai bien tort, tant la poésie est capable, plus que tout autre, d’ouvrir un imaginaire, de créer des images puissantes… La Noyée d’Onagawa se présente comme « une rêverie poétique inspirée d’une dépêche de l’AFP« . Cette dépêche, on peut la lire ici et Marilyne Bertoncini en reprend des passages qu’elle inclue dans son récit poétique et poignant, celui de cet homme, Yasuo Takamatsu, qui perd sa femme lors du tsunami qui a submergé la ville d’Onagawa : réfugiée sur le toit de la banque où elle travaillait, elle a été emportée par la vague immense et engloutie sous les eaux. Tel Orphée recherchant son Eurydice, Yasuo a passé trois ans à apprendre à plonger, dans l’espoir de retrouver le corps de son amour.

Les 35 pages de cette rêverie poétique m’ont embarquée dans des images (« Dans la cour des écoles, sinueuse traîne de cerfs-volants / l’écharpe des enfants voltigeait dans leur course, / La scintillante buée de leur haleine esquissait / de légers spectres / dans la fine brume côtière de fin d’hiver / et leurs cris appelaient celui des hirondelles« ) , des sonorités (je l’ai lu à haute voix, lentement), des émotions. Merci à toi, Marilyne ! Le lien vers son blog.

Elle est raflée,

comme un poisson,

fauchée, désarticulée, ensevelie

dans le pesant linceul de l’eau en furie

qui brasse les choses et les corps comme une pâte unique,

et qui rejettera son portable comme on crache 

un pépin.

 

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6 commentaires pour la noyée d’onagawa

  1. krolfranca dit :

    La poésie, surtout lorsqu’elle est écrite par des proches, peut nous emmener loin. Et c’est toujours intéressant de la mettre à l’honneur. Les extraits sont très beaux. Merci pour ce billet !

  2. aifelle dit :

    Je plussoie au billet de Krol et la dire à haute voix peut beaucoup aider aussi à l’appréhender de plus près. L’extrait que tu as choisi est très beau, je vais voir son blog.

  3. Jerome dit :

    Un de mes anciens directeur est devenu écrivain, je suis toujours très touché quand il m’offre un de ses livres.

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