Le pont des soupirs

On croit qu’on va partir en Italie voir Venise et son pont des soupirs mais Russo joue avec son lecteur car c’est en Amérique que tout se passe et surtout dans le passé de tous les personnages qui se dévoilent à nous dans les premières pages, alors qu’ils ont une soixantaine d’années : Lou Lynch, surnommé depuis son enfance Lucy (une bourde de l’instit qui a lu trop vite Lou C. Lynch, à la maternelle !) et sa femme Sarah Berg qui se préparent à rejoindre leur ami d’enfance perdu de vue depuis 40 ans, Bobby Marconi, en Italie.

On plonge dans l’ambiance de cette petite ville près de New York, Thomaston, et l’épicerie Chez Ikey où travaillent les parents de Lou – cette épicerie ! on aurait carrément envie d’aller y passer un moment tant est bien décrite l’atmosphère chaleureuse et bienveillante qui y règne, c’est presque un personnage à part entière ! On s’attache à ce petit Louie si peureux, si désespérément en quête d’affection ; c’est lui qui, à 60 ans, choisit d’écrire ses Mémoires, et en parallèle et au fur et à mesure l’auteur éclaire les zones d’ombre, explique autrement telle ou telle attitude. Cette construction narrative très riche est ce qui a fait que j’ai eu un peu de mal au départ à entrer dans ce gros pavé, à cause des nombreux retours en arrière et de la multitude de personnages. Mais très vite, j’ai eu  tout autant de mal à m’arrêter de lire et à quitter ces personnages si humains… Il est question d’enfance malheureuse, de choix de vie, de la complexité des liens familiaux, des choix amoureux, d’art, de secrets.

Trois citations ci-dessous, la première me parle beaucoup…

« La vie des plus heureux, des plus avantagés, ne cache-t-elle pas elle aussi d’autres possibilités, d’autres douceurs, et sans doute d’autres amertumes ? N’est-ce pas pour cela que, malgré tout, il nous arrive de nous sentir floués, grugés, même quand cela n’est pas vrai ? »

« Nous pouvons rêver tant et plus, mais nous n’avons qu’une vie. Aussi vraisemblables, désirables soient-elles, nos vies imaginaires ne sont que des fantômes. Celle qui nous reste suffit bien à remplir de joie notre cœur imparfait, encore et encore, avant de nous le briser. Et ça n’arrête jamais. La faute à l’amour. »

« C’était assez perturbant d’apprendre que le sous-sol était plein de trous et, si c’était bien vrai, j’aurais aimé savoir où ils étaient. »

D’autres avis enthousiastes ! KeishaKrolfranca

Et c’est une participation parfaite pour le challenge du pavé de l’été !

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10 commentaires pour Le pont des soupirs

  1. krolfranca dit :

    Ah ! je suis ravie qu’il t’ait séduite !

  2. keisha dit :

    Beaucoup aimé, tu le sais. Pas de Venise mais ces petites villes des USA un peu en déshérence

  3. aifelle dit :

    Comme je commence à mettre le nez dans les romans de Musso, je note celui-ci aussi (je commence bientôt « à Malin, malin et demi »).

  4. Brize dit :

    Russo est une valeur sûre du challenge Pavé de l’été ! (d’ailleurs je me suis acheté il y a peu « Le déclin de l’empire Whiting », que je lirai peut-être cet été, je dis peut-être parce qu’il y a de la concurrence, j’ai quelques pavés sous le coude, pour avoir le choix)
    Chouette billet, qui rend bien compte du plaisir que tu as eu à lire ce pavé, même s’il n’a pas été si facile que cela à aborder au début.

  5. lcathe dit :

    Cet auteur m’est à découvrir , petit à petit à force de voir son nom je me dis qu’il faut tester.

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