Une immense sensation de calme

« Je suis là. Simplement là. Et mon existence n’a pas plus d’importance que le nuage ou la bécasse. Pas moins non plus. Il y a uniquement la densité de chaque instant. Avant, rien. Après, rien. […] Nous sommes simplement de passage, murmurent ses cheveux dans le vent. » Quel roman fascinant, énigmatique et poétique, plus proche du conte que du roman. L’histoire est racontée par une femme dont on saura peu de choses, même pas son prénom, si ce n’est qu’elle tombe brutalement et immédiatement amoureuse d’Igor, cet homme au charme magnétique et animal : « je dis oui à tous les endroits où il m’emmènera ainsi qu’à tous ses désirs, quelles que soient les folies où cela me conduira. Je à la fois faible, aveugle et infiniment pleine. »

On est dans un monde indécis, dans le Grand Nord, après une guerre si terrible qu’elle a mené au « Grand Oubli » Certains hommes nommés les « Invisibles » ont un lien secret avec cette époque et sont fuis par les autres. On apprend par bribes ce qui s’est passé grâce aux souvenirs de la narratrice. La nature est âpre et sauvage et la vie rude. La narratrice et Igor rencontrent des personnages tous plus étranges les uns que les autres, Tochko l’Invisible, et surtout la vieille Grisha qui les soigne tous les deux et leur raconte sa propre histoire, faite d’amour, de sang et de violence.

Un roman au charme très spécial, poétique et envoûtant, aimé aussi par Aifelle et Brizé. Il m’a un peu fait penser aux romans de Carole Martinez (en plus délicat et fin, moins flamboyant) ou au roman Imaginer la pluie de Pajares.

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6 commentaires pour Une immense sensation de calme

  1. Ton résumé me fait penser à un autre roman où l’oubli imprègne un monde ravagé par un traumatisme indicible : Le géant enfoui d’Ishiguro, mais j’imagine qu’il n’y a pas de rapport. Très belles citations.

  2. C’est un peu à part dans son œuvre mais c’est très bien : une réflexion sur les rôles combinés de la mémoire et de l’oubli, un de ses thèmes majeurs, dans un cadre emprunté à la matière de Bretagne et très retravaillé.

  3. krolfranca dit :

    S’il t’a fait penser à Imaginer la pluie, je ne peux que le noter à nouveau, le surligner, l’écrire en très gros !

  4. kathel dit :

    Les romans que tu cites ne peuvent que m’inciter à y regarder de plus près (notamment Imaginer la pluie qui a été une superbe lecture)

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