Les enténébrés

C’est le bilan de l’été fait par Noukette qui m’a donné l’idée de lire ce roman. Et : whaouh. C’est un roman touffu, dense, flamboyant et fiévreux, construit comme un puzzle. Difficile de le résumer tant c’est tressé de plusieurs histoires qui ont bien toutes à voir les unes avec les autres…

Il est question d’amour surtout, celui, dévorant, passionné, sensuel, de Sarah pour Richard, celui, entier et puissant de Sarah pour son mari Paul, de ces deux amours qu’elle pense pouvoir vivre absolument. Il est question de l’amour de Sarah pour sa mère qu’elle aime et hait à la fois, une mère qui a battu son enfant tant de fois et l’a autant de fois serré dans ses bras. Il est question de la souffrance des réfugiés syriens, de celle des enfants enfermés dans un hôpital psychiatrique autrichien et qui servaient de cobayes à de sadiques nazis. Il est aussi question de lourde histoire familiale faite de maladie mentale, de figures maternelles défaillantes et de pères destructeurs… Autobiographique ? en partie sûrement mais c’est beaucoup plus large que cela. Il faut accepter de se laisser embarquer par cette écriture extrêmement originale alternant les lettres, les messages déchirés, les monologues intérieurs, les récits et les fragments de conférences. Une belle découverte ce roman au beau titre écrit par une romancière qui est aussi – pas étonnant – psychanalyste.

Et cette citation me parle très fort… « L’amour, lui, est simplement un travail, une patience. Je me rappelle très bien avoir fait cette opération-là, avec toi, c’est un choix que tu fais, qui est très profond, devant ce qui va se passer, affronter ensemble le vieillissement, la mort des parents, la maladie, tout ce qui arrive dans le cours ordinaire de la vie de couple : accepter de n’avoir juste comme moyen de soutenir cela qu’une connaissance de plus en plus profonde du corps de l’autre, de ce qui l’agite, de ce qui le touche, de ce qui le tient, de ce qui le soutient. Cet approfondissement de la conversation, c’est un choix que j’ai fait avec toi. »

« C’est impossible d’être à la hauteur de la fiction que l’on a de soi-même. Tout comme il est impossible d’être fidèle à la fiction que ceux qui nous aiment se font de nous.« 

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7 commentaires pour Les enténébrés

  1. aifelle dit :

    Je ne pense pas que ce soit pour moi ce genre de littérature.

  2. Claudine Cavalier dit :

    Magnifique citation!
    Et je note le titre car ton résumé fait très envie.

  3. Il faut que je découvre cette auteure mais je commencerai peut-être par son dernier roman : Saturne….. 🙂

  4. Lorouge dit :

    Dans ma Pal 😉😏 je lis si peu en ce moment, pourtant j’en ai tellement envie mais j’ai du mal a me concentrer. Trop de soucis en même temps 🙄

  5. Une Comète dit :

    C’est un livre ma-gni-fique !!! Impressionnant …

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