Betty

Attention, coup de cœur ! Ce roman m’a embarquée bien loin… Il est puissant, très triste et très beau à la fois.

Betty Carpenter est un personnage de femme cherokee inspiré par la mère de l’auteur. Elle naît en 1954 en Ohio, d’une mère blanche et d’un père cherokee, dans une famille de huit enfants. Après quelques années d’errance à travers plusieurs états, la famille s’installe dans une petite ville de l’Ohio, Breathed. Le roman est racontée à la première personne par une Betty adulte portant un regard plein de sagesse sur son histoire qui commence à la rencontre de ses parents, jusqu’à ses 19 ans à elle.

Le pilier de la famille c’est le père, Landon. Figure paternelle extraordinaire, c’est lui qui transmet à Betty l’amour de la terre, de la culture indienne, le goût immodéré des récits et de l’écriture. « Ton père, lui, ne connaît rien de tout ça. Les seuls nombres que Landon Carpenter a en tête, c’est le nombre d’étoiles qu’il y avait dans le ciel la nuit où ses enfants sont nés. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi je dirais qu’un homme qui a dans la tête des cieux remplis des étoiles de ses enfants est un homme qui mérite leur amour. » Les scènes où lui et Betty, sa « Petite indienne » jardinent, discutent en regardant le ciel, sont bouleversantes de tendresse et de poésie… Et il va en falloir à Betty car la vie n’est vraiment pas facile pour elle : harcèlement et humiliation à l’école à cause de sa couleur de peau, instabilité psychologique de la mère qui a subi des horreurs dans son enfance (« comment survit-on quand les personnes censées nous protéger le plus sont justement les monstres qui nous déchirent et nous mettent en pièces ?« ) malaise que fait régner un frère violent. Mais il y a ce père exceptionnel, il y a ses deux sœurs, Flossie et Fraya (et quand elles sont séparées elle mettent leur « bonne nuit » dans un bocal pour se les échanger lorsqu’elles se retrouvent), il y a la magie de l’écriture qui peut tout transformer. Et pourtant certaines histoires sont terribles…

Quel beau début… « Devenir femme, c’est affronter le couteau. C’est apprendre à supporter le tranchant de la lame et les blessures. Apprendre à saigner.« 

Et plus loin sa mère reprend cette première phrase et ajoute : « Mais la femme que l’on devient alors doit décider si elle va laisser la lame s’enfoncer assez profondément pour la mettre en pièces, ou bien si elle va trouver la force de s’élancer, les bras écartés, et oser prendre son envol dans un monde qui semble se briser comme du verre autour d’elle. Puisses-tu avoir cette force.« 

Betty, la femme forte et libre qui sait dire « non » et transforme l’horreur en histoires terribles et magnifiques…

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12 commentaires pour Betty

  1. aifelle dit :

    Je viens de lire un autre billet sur ce même livre qui semble plaire à tout le monde. Mais je vais attendre une période plus calme pour le lire.

  2. keisha41 dit :

    Pareil, un autre billet, enthousiaste aussi. On verra!

  3. kathel dit :

    Ce sera peut-être en poche, mais je le lirai, c’est sûr !

  4. Christine Dupuy dit :

    👍🤗 les personnages continuent à m’habiter …

  5. krolfranca dit :

    Ah oui, comme il est magnifique ce roman !

  6. hélène dit :

    je l’ai trouvé fort mais triste !

  7. lorouge dit :

    Il me tente énormément mais je reste effrayée par sa dureté, pas trop le mental pour le lire pour le moment

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